Le Xain à Macliaull, 20 mars IT.ïO, IL Si'J
vait abandonner sans s'attirer les justes reproches du ciel et de la terre;... que les nouveaux ordres que l'assemblée venait d'entendre n'offraient rien qui pût les rassurer sur cet objet important, et qu'en de pareilles conjonclures il n'était pas plus permis aux États de varier sur leur première détermination que sur les sentiments pleins de respect et de soumission qui l'avaient dictée ' ». Ce discours entraîna l'adhésion de tous les prélats, à la seule exception de l'évêque de Montauban : les barons et les députés du tiers n'osèrent voter autrement, et 17 voix seulement se prouonrèrent pour l'accord du don gratuit. La grande majorité de l'assemblée décida d'envoyer aux commissaires du roi une nouvelle députation et de persister dans la résolution prise le 5 février, si l'on ne recevait pas d'eux une réponse favorable. La députation ne fut même pas reçue; aussitôt les États, prévoyant l'imminence de leur séparation, s'empressèrent de voter une députation extraordinaire au roi pour lui renouveler les représentations déjà faites, et surtout prirent séance tenante une autre décision qui les touchait de beaucoup plus prés, â savoir que le Trésorier de la Bourse ferait l'avance aux otlkiers de la province et aux membres des Etats des sommes qui leur étaient allouées ordinairement, 5 montres et demie : « en sorte que de 12 jours de travail il n'en est sorti uniquement que la délibération par laquelle ils se sont fait payer, non seulement de tout ce qui aurait pu leur revenir si l'assemblée avait duré le temps ordinaire, mais encore par avance des frais de députalions, commissions et autres qui n'auront pas lieu ^ ».
A peine ce vote venait-il d'être émis que Richelieu et Le Nain vinrent dans la salle des séances signifier aux États leur séparation, et les ordres du roi qui exilaient les évêques dans leurs diocèses, les barons dans leurs terres, et les députés du tiers dans leurs villes. Être exilé, dans le langage du temps, c'était en effet, comme on sait, être forcé de rester chez soi. Peu de temps après arriva à Montpellier un arrêt du conseil du 28 février ••, qui cassait les dernières résolutions prises par les États, défendait à tous d'y avoir aucun égard, et enjoignait de rayer sur les registres les délibérations des 5 et 17 février, « les États y oubliant autant leurs devoirs que les dispositions toujours favorables de Sa Majesté pour une province qu'elle n'a cessé de combler de ses grâces, même dans les temps les plus difliciles, et que quelques membres de leur assemblée n'ont pas craint de sacrifier à des vues particulières qui lui sont tout à fait étrangères ».
Celte rupture, sans exemple depuis 1629, ne pouvait manquer de