‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 72 sur 268 · Juillet lloO · texte numérisé non relu

Juillet lloO

3. Expression de Le Nain dans une lettre à Macliaull du 17 février, H. 84G. i. .Mémoire de Le Nain sur les in)positious, II. 8.">1.

(3 mars 1730) ^ En ce qui concernait le vingUème, Machault n'admettait pas qu'il fût levé comme le dixième au marc la livre des autres imposilious, principe faux et dangereux, qui greffait l'injustice sur l'injustice, ajoutait de nouvelles surcharges aux anciennes, et laissait l'administralion sans données sur les forces contributives réelles de la province. Il voulait la perceplion du vingtième sur des rôles distincts, où seraient compris tous les biens sans exception qui avaient payé ou qui auraient dû payer leur part de l'abonnement du dixième. Quant aux autres imposilious, Machault, comme Le Nain, jugeait nécessaire de prendre comme base dopéralion les chiffres arrêtés par les États l'année précédente, sauf à les diminuer s'il y avait lieu; mais il n'entendait pas qu'elles restassent en quelque sorte sous l'action prolongée d'une administration qui n'existait plus : et au lieu de demander à chaque contribuable la même somme d'impôts qu'en 1741), il voulait que l'intendant, prenant pour base de son travail les chiffres régulièrement accordés pour 1749, procédât lui-même à la répartition des impositions entre les différents diocèses, puis entre les communautés. De la sorte rien ne serait exigé des contribuables au delà de ce qu'ils devaient légitimement payer, et si les prévarications signalées à Machault dans la gestion des Étals et des assiettes étaient vraies, on pouvait être sûr par cette méthode qu'elles ne survivraient pas à l'administration qui s'en était rendue coupable.

Le Nain ne se rendit pas aux avis du contrôleur général : il lui représenta avec force que cette manière de procéder entraînerait des longueurs et des diflicullés infinies, qu'il serait impossible d'avoir fait en temps utile les nouveaux départements, et il persista à conseiller de continuer simplement la levée des sommes imposées l'année précédente « en sorte que les peuples ne s'apercevront point d'un changement dont ils craignent extrêmement les suites - ». Devant celte insistance, Machault céda, du moins en partie quoique avec répugnance et regret. H se résigna à laisser copier pour 1750 les rôles de 1740 : il exigea seulement, d'une part, qu'il fût fait des rôles particuliers pour le vingtième, de I autre, que la somme de 000 000 livres représentant la part des biens roturiers dans l'abonnement du dixième et non répartie par rôles particuliers, fut distraite des rôles de 1749 et qu'il en fût tenu compte aux contiihuables. Obligé par les craintes de l'intendant de sacrifier les modifications qu'il eût voulu introduire dans la répartition des impôts ordinaires, Machault tenait au moins à préserver de cette fâcheuse immutabilité l'impôt auquel il attachait le plus de prix. Il attendait d'ailleurs, et avec raison, plus de produit, et une plus grande somme

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