Saint-l'riest à Machault, 8 décembre 17^2, H
'H8 MACHAULT d'ARNOUVILLE.
Languedoc depuis que les États n'existaient plus '. On se plaignait surtout de surtaxes arbitraires pour le vingtième, et avec plus d'apparence que de raison. Les contribuables, il est vrai, ne pouvaient dans la plupart des cas s'en prendre qu'à eux-mêmes, car leur retard à donner leurs déclarations était la principale cause des surcharges dont ils se plaignaient : la voie des recours en modération leur était d'ailleurs toujours ouverte, et le plus à plaindre en cette affaire était le nouvel intendant, que plus de 400 000 requêtes de cette sorte attendaient dans ses bureaux de Montpellier -. Quant à ceux qui avaient fourni des déclarations, ils les avaient faites la plu|)art du temps avec une fausseté tellement insigne que sans attendre le long travail de la vérification des contrôleurs article par article, les directeurs du vingtième, et Le Nain d'accord avec eux, avaient cru ne pouvoir se dispenser en bien des cas de porter les cotes bien au delà du vingtième des revenus déclarés. C'est ainsi que dans le diocèse de Rieux, par exemple, dès 1750, des paroisses entières avaient été doublées, triplées, quadruplées, par ordre de l'intendant, sur le rapport du directeur du vingtième de la généralité de Toulouse ^. En général ce directeur avait suivi la foi de déclaration quant à la contenance des terres et à leur rendement en grains, mais non pas quant à la valeur moyenne déclarée pour les produits, quand cette valeur était inférieure à l'estimation que l'administration avait exigée des consuls de chaque communauté du prix normal des grains dans leur paioisse. Le directeur de Montpellier allait plus loin. Croyant se rendre agréable en portant l'imposition le plus haut possible, il s'était fait faire un tarif moyen non seulement du prix des grains, mais encore de la quantité produite par mesure de terre, et il augmentait les déclarations en conséquence : « lia constamment suivi, écrit Saint-PriestàMachault le 19 mars IT.-il S un tarif quil a exigé que ses subdélégués lui remissent sur ce que devait rendre une mesure de grain jetée en terre, et quand le cotisé a dit qu'un setier semé ne lui en rendait que 3, et que le prétendu tarif a porté qu'il en rendait 5 ou 0, on n'a eu égard qu'à ce dernier : opération absolument irrégulière pour deux raisons, la première parce qu'il n'est pas vrai que les fonds d'une même communauté