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Mémoire sur le rétablissement des États, H

d30 MACHAULT D'ARNOUVILLE.

serait dune dangereuse conséquence qu'il parût que les États, par une conduite aussi contraire à leur devoir que celle qu'ils ont tenue,... fussent parvenus à faire changer la forme dans laquelle la demande du vingtième leur avait été faite * ». On se bornerait donc à leur notilier l'établissement du vingtième, sans leur demander leur consentement, « qu'ils étaient d'ailleurs toujours en état de donner sur ce que Sa Majesté leur faisait déclarer de ses intentions ». Leur soumission ainsi obtenue, comme depuis deux ans que le vingtième était établi dans la provmce les rôles étaient à peu près fixés et les déclarations en grande partie fournies, Machault ne voyait pas d'inconvénient à se prêter à quelque expédient qui, sans rien retrancher en réalité de l'autorité du gouvernement, donnât une apparence de satisfaction aux susceptibilités des États : telle serait par exemple une commission mixte, composée de l'intendant et de délégués des États, où le premier aurait tout pouvoir, et où les seconds n'assisteraient guère que pour la forme. Quant aux pratiques à réformer dans Tadminislration des États, le plan du contrôleur général reproduisait à peu près exactement les idées et quelquefois les termes des lettres du sous-doyeu de la cour des aides : abréger la durée des sessions, en diminuer les frais, faire vérifier les comptes du Trésorier de la Bourse par des commissaires du roi conjointement avec ceux des États, faire dresser un procès-verbal des tenues des États « qui ont toujours affecté de tenir leurs délibérations très secrètes », surveiller de très près les assiettes, et rendre impossible à l'avenir tout emprunt non autorisé.

Tout cela était sage et nécessaire, mais extrêmement pénible pour les États, et il était à craindre que ces États à peine rétablis ne se révoltassent des conditions mises à leur rétablissement, et ne fissent derechef quelque éclat, quelque scandale, dont les conséquences seraient graves. Leur faire accepter les volontés du contrôleur général était une négociation délicate et d'un succès difficile. Celui qui s'en chargerait devait d'une part faire entendre au ministère la nécessité de quelques tempéraments, de quelques adoucissements au moins dans la forme; de l'autre, prêcher à la province la résignation, la soumission et la prudence. Fort heureusement pour le Languedoc, il s'y trouvait un homme admirablement propre à concilier ces intérêts contradictoires : c'était l'archevêque de Toulouse. La mort de l'archevêque de Narbonne (mars 1731) venait de rendre vacante la place la plus éminente qu'il y eût dans l'épiscopat languedocien, et Mgr de la Roche-Aymon désirait vivement ce magnifique archevêché, qui, indépendamment d'un surcroit considérable de revenu, assurait à son heureux possesseur le premier rang dans la province. Il n'ignorait pas que le [meilleur moyen de l'ob-

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