Mém. sur le rélablisscment des Étals, II
tenir était de se rendre agréable au gouvernement en pacifiant les esprits, et qu'il pourrait tout espérer le jour où il aurait réconcilié la province et le contrôleur général. 11 consacra à cette tâche toutes les finesses, toutes les souplesses de sa diplomatie. Il représenta à Montpellier le danger de laisser s'implanter dans la province le régime des pays d'élection, les maux qui résulteraient d'une prolongation de disgrâce des États; à Versailles, il parla du repentir, de la fidélité du Languedoc. Il se fit écouter des deux côtés. Ses efforts furent sincèrement secondés par l'intendant, que le rétablissement des États devait débarrasser d'une lourde lâche ', et par le maréchal de Richelieu qui tenait à ne pas être regardé comme l'auteur de la rupture éclatante de 1730 et qui était ami de la conciliation.
Ce fut au commencement de l'année 1752 que l'archevêque de Toulouse put s'apercevoir d'une certaine amélioration dans les dispositions du contrôleur général à l'égard du Languedoc; jusque-là toutes ses avances pour le rétablissement des États avaient été formellement repoussées. Dans une lettre du 20 janvier 17o2 -, où il énumérait tous les bienfaits du roi envers sa province du Languedoc, Machault se disait prêt â y ajouter de nouvelles preuves de bonté et de clémence," lorsqu'il verrait la province lui donner des marques de son repentir ». C'était indiquer à l'archevêque le ton que devaient prendre ses suppliques : il n'eut garde d'y manquer. Il protesta de son zèle, de son dévouement au service du roi; il assura que tous étaient dignes, comme lui, de sa bonté et de sa clémence; il supplia qu'il lui fût permis « d'aller se jeter aux pieds de Sa Majesté et de lui rendre compte de la province et de ses vraies et constantes dispositions ^ ». Le 4 mars, il reçut en elTel l'autorisation de venir â la cour « porter aux pieds du Roi les protestations de douleur des membres des États ». Il quitta aussitôt son exil, qui commençait â lui peser, passa par Montpellier, où il convint devant l'intendant qu'il y avait en effet beaucoup de dépenses inutiles dans les tenues d'États, laissa voir que la perspective de l'archevêché de Narbonne ne lui était nullement indifférente, puis arriva â la cour. Il convainquit facilement le contrôleur général qu'une prochaine assemblée d'États serait docile, à condition qu'il y eût quelque apparence de conservation des privilèges de la province dans la levée du vingtième. Il eut audience du roi, qui déclara qu'il recevrait avec plaisir les marques de soumission de sa province de Languedoc, et il s'empressa d'annoncer ces bonnes nouvelles aux évêques et aux barons par une lettre circulaire dont les termes furent soigneusement surveillés par Machault luj-même, et où il fallut mentionner textuellement l'expression dont le