Sainl-Priest à Machault, 14 février 17o2, H
3. L'archevêque de Toulouse à Machault, 12 février 1752, ibid.
roi s'était servi : soumission de sa province ch Languedoc, tandis que le prélat en aurait voulu pallier un peu la rigueur '. Aussi attentif à ne rien laisser subsister des actes de l'assemblée rebelle de 1730 que les Languedociens étaient obstinés de leur cùté à effacer toute trace, même minime, de lingérence du pouvoir central dans leurs propres affaires, Machault exigea que la députalion chargée de venir porter aux pieds du roi ces témoignages de soumission ne fût aucune de celles que les États avaient nommées dans leur dernière session, ni leur députalion ordinaire à la cour, ni la dépiitation extraordinaire votée par eux le jour de leur dissolution. Il désigna lui-même le prélat, le baron, les deux députés du tiers et le syndic de la province admis à celte faveur -, eut soin de ne les prendre que parmi ceux dont la cour n'avait pas à se plaindre, et que Le INain avait autrefois bien notés; surtout il régla d'avance les termes de la harangue au roi que l'évêque de Béziers devait prononcer à la tête de cette députalion. Rien ne se pouvait imaginer de plus humble et de plus soumis. Machault avait fait insérer une phrase qui concernait spécialement les évêques : « Ajoutez, Sire, à cette première faveur (de rétablir la province dans ses privilèges), celle d'être convaincu que les évêques continueront toujours de se distinguer en donnant aux peuples l'exemple du respect et de l'obéissance aux ordres de Votre Majesté, qu'ils n'ont cessé de leur annoncer comme l'un de leurs plus importants et de leurs plus chers devoirs ^ ». La réponse du roi, concertée également avec Machault, fut qu'il voulait bien donner ses ordres pour l'assemblée des États de sa province de Languedoc, et qu'il verrait avec satisfaction les preuves du zèle et de la soumission dont on venait de lui donner des assurances (3 sept. 1732).
Il ne restait plus qu'à arrêter la teneur de l'arrêt du conseil qui devait rendre aux Étals l'existence : c'était, il est vrai, la partie la plus délicate de toute l'affaire. On avait pu s'entendre tant que les choses demeuraient dans le vague ; le pourrait-on encore avec les dispositions précises d'une loi où la défiance et le blâme devaient nécessairement se montrer à chaque ligne? Il est certain que les États ne durent pas être flattés à la lecture de cet arrêt du conseil, qui fut rendu le 10 octobre 1752 *.
Dans le préambule, le roi expliquait, en la motivant par la douleur de ses fidèles sujets du Languedoc et par la promesse qu'ils lui avaient faite de la soumission la plus respectueuse, sa résolution de rétablir les États; puis, « jugeant en même temps qu'en permettant par un effet
i. 12 avril 1732. H. 1093.
2. Ce furent l'évêque de Béziers, le marquis de Chambonas, Rif^aud, député de Sailli-Esprit, Cambon, député de Montech, et le syndic général La Page.