Richelieu à Machauit, 29 octobre, iùid
3. L'archevêque de Narbonne à .Machauit, 29 octobre, ibid. i. Richelieu à Machauit, 29 octobre, IL Si8.
136 MACHÂLLT D'ARNOLVILLE.
faire un mémoire sur les articles dudit arrêt pouvant donner lieu à représentations. Mais celte commission, prudemment excitée à la lenteur par l'archevêque de Narbonne, n'apporta son travail qu'au moment presque où les Étals allaient se séparer, et son mémoire ne contenait rien qui fût de nature à susciter au gouvernement des embarras. Elle avait d'abord voulu hasarder une timide réclamation sur la nécessité de voter le don gratuit avant de faire quoi que ce fût, ayant découvert après un mois de travail « que cet article gênait la liberté des suffrages » ; mais on lui fit entendre que la matière était délicate, qu'on parailrait vouloir porter atteinte à l'obéissance due au roi et renouveler le même scandale qu'en 1750, et on la détermina à ne rien dire à cet égard. Elle se rejeta donc sur les montres des vicaires et des envoyés des barons, dont elle demandait le rétablissement, sur la 4*^ montre du tiers, qu'elle souhaitait fixe et non irrégulière, sur la vérification des assiettes, que les États croyaient humiliant de se voir enlever, etc., etc.; et tout se borna à charger la députation ordinaire des États à la cour de présenter ces différentes demandes; moyen habituel pour les États comme pour les commissaires du roi d'enterrer les questions délicates, et sur l'efficacité duquel il n'était permis à personne de conserver la moindre illusion.
Quoique surprise plutôt que régulièrement obtenue, l'adhésion de l'assemblée à l'arrêt du 10 octobre était d'un heureux augure pour la suite de ses travaux. De longtemps en effet sa docililé ne se démentit point. Le 30 octobre, furent accordés le don gratuit et la capitation « avec un empressement et une unanimité qui ne laissaient rien à désirer ». On les vota séance tenante sans profiter même du délai de vingt-quatre heures que permettait l'arrêt du 10 octobre, et qui parut trop long à leur empressement de témoigner au roi leur soumission et leur reconnaissance : « On voyait sur tous les visages la joie que donnent les bonnes actions, et l'espérance de voir une conduite si décente et si mesurée payée du retour inestimable de la bienveillance du Roi • ». C'est après cette séance exemplaire que se présentait l'alTaire du vingtième.
Le gouvernement s'était abstenu soigneusement de faire aucune demande à cet égard considérant la question comme terminée, et une imposition levée depuis trois ans déjà comme ne pouvant donner lieu à aucune difficulté; mais il avait bien prévu qu'à peine le don gratuit coté aux conditions ordinaires, les États feraient entendre quelques réclamations au sujet du vingtième, levé sans leur consentement. Les commissaires du roi avaient reçu les instructions les plus précises pour se conduire en ce cas : <; L'intention de Sa Majesté est que ses com-