Saint-Priest à Machault, 31 octobre. H
missaires leur fassent entendre que les termes dans lesquels Sa Majesté s'est expliquée dans l'arrêt de son conseil qui a été lu et registre dans leur assemblée, et l'acte que les dits sieurs commissaires viennent de signer pour l'acceptation au nom de Sa Majesté du don gratuit dans la forme ordinaire, sont des témoignages assez forts de ses intentions pour la conservation des privilèges de la province; que des circonstances qu'ils ne rappellent pas, dès que sa Majesté a eu la bonté de les oublier, n'ayant pas permis à ses commissaires d'exécuter dans la dernière assemblée les ordres dont elle les avait chargés parleurs instructions sur cette matière. Sa Majesté n'a pu se dispenser d'ordonner de son autorité dans le Languedoc la levée et la perception d'une imposition déjà établie dans toutes les provinces du royaume et dont l'objet si important pour l'État ne pouvait souffrir de retardement,... et que Sa Majesté s'attend qu'étant à présent bien instruits de ses intentions à cet égard, ils prendront une délibération qui lui puisse prouver de plus en plus la fidélité, la soumission et le zèle dont ils lui ont fait donner de si fortes assurances ' ». Au gouvernement le droit d'établir, de son autorité, les impôts nécessaires : aux Étals le droit d'y donner, après coup, leur consentement. Toute la scène avait été réglée à l'avance entre Machault et l'archevêque de Narbonne et tout se passa conformément à ce qui avait été résolu. Les Etals envoyèrent une députation aux commissaires du roi pour leur porter leurs représentations au sujet du vingtième; la réponse fut la notification par écrit de l'article des instructions qui y était relatif; et les États délibérèrent aussitôt de consentir à l'exécution en Languedoc de l'édit de mai i 74.9. Le fond était acquis : restait à régler la forme. Machault ne se refusait pas, comme on sait, à quelque adoucissement à cet égard. Les États étaient en règle; la concession qu'ils demanderaient serait une grâce qu'ils solliciteraient, non une condition mise par eux à leur acceptation; dans ce cas les instructions des commissaires du roi étaient des plus conciliantes, et les Etats ne l'ignoraient point. Ils firent donc demander qu'il leur fut au moins permis de travailler conjointement avec l'intendant à l'administration du vingtième, et les commissaires du roi répondirent que leur conduite devait être trop agréable au roi pour qu'ils n'eussent pas à attendre une réponse favorable. C'était l'équivalent d'une promesse formelle; et l'assemblée, sûre désormais d'obtenir une commission mixte, comme celle que Le Nain avait autrefois proposée à Machault, n'eut plus qu'une préoccupation, celle de savoir comment cette commission serait organisée et quelles en seraient les attributions. Dans cette attente, ils vaquèrent paisiblement à la discussion de leurs affaires ordinaires, et le parti de l'opposition ne réussit pas un instant à