‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 98 sur 268 · Saint-Priest à Machault, 1" avril 1734, H · texte numérisé non relu

Saint-Priest à Machault, 1" avril 1734, H

de l'emploi, que tous les commissaires des diocèses regardent comme déshonorant pour eux, et non sans raison. J'ose vous demander, monseigneur, de ne point presser votre décision sur ces deux chefs, hors qu'elle ne dût nous être entièrement favorable, sans quoi je prévois que vous aurez infailliblement du trouble daus les États prochains. .Au train que prennent les affaires, j'appréhende que l'esprit de vertige ne nous gagne comme les autres, et je ne vous cache point que j'y aperçois de la disposition qui demande du ménagement. » Le 2i juillet S le prélat suppliait de nouveau le contrôleur général de vouloir bien décider en son sens, et prévoyait l'avenir le plus sombre si cette satisfaction n'était accordée à la province. « Ne cabrez point les États, disait-il, ne les faites pas tomber dans le découragement en les laissant plus longtemps sous le poids d'une mesure qu'ils regardent comme une continuation de punition et de la disgrâce du roi. » La situation était donc critique, lorsque Machault quitta le contrôle général, et pas plus en Languedoc que dans les autres provinces le ministre ne pouvait se flatter d'avoir eu le dernier mot. Il avait dû, en tolérant la commission mixte, enfreindre le programme hautement annoncé d'une parfaite égalité de traitement entre les différentes parties du royaume; non satisfaite de cette concession, la province en réclamait impérieusement de plus grandes; et seul son départ du contrôle général le fit échapper à cette alternative pénible, de porter gravement atteinte à son œuvre, s'il cédait, ou de faire naitre une crise plus dangereuse peut-être que celle de 1750, s'il résistait. Il y avait une telle ténacité chez les privilégiés, une telle vitalité encore dans ces institutions provinciales, quoique corrompues et dégénérées, que leur soumission à la loi générale était toujours incomplète et toujours cà refaire.

A peine Machault eut-il quitté le ministère, qu'une grande détente se produisit dans les rapports du Languedoc et du pouvoir central, celui-ci faisant, bien entendu, les concessions. Le 30 octobre 1754 fut rendu un arrêt du conseil ^ qui modifiait celui du 10 octobre 1752 dans un sens favorable aux revendications des États. Les frais d'États, que Machault avait élevés à 220 000 livres, y étaient portés à 234 000, et ce surplus presque entièrement destiné à rétablir les montres des envoyés des barons, ce que Machault avait toujours refusé, n'admettant pas que l'absence d'un baron fût cause d'un surcroît de charge pour la province. Les députés du tiers devaient recevoir un supplément d'indemnité lorsque la session durerait plus de quarante jours. Le gouvernement cédait sur l'importante question des assiettes, et restituait aux États, de la même manière qu'avant 1750, c'est-à-dire conformément aux lettres

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