MACHrAVEL, Œuvres compl.j t. I, p
Maximilien P' * , » Tempereur parfois burlesque '
1 . Macbuayel, (Euvree eompL, t. II, p. 635, LeUrts fami- Hères, Lettre xxv à Francesco Vettori, août 1513 : « Nous sommes aujourd'hui gouvernés par des princes qui, naturellement ou accidentellement, ont les qualités suivantes : nous avons un pape sage, grave et respecté (Léon X), un emperewr léger e< c/iangean* (Maximilienl®"^), un roi de France irritable et craintif (Louis XII], un roid*Ëspagne brouillon et avare (Ferdinand le Catholique), un roi d'Angleterre riche, audacieux et avide de gloire (Henri VIII); nous avons des Suisses brutaux, victorieux et insolents; et quant à nous autres Italiens, nous sommes pauvres, ambitieux et avilis. Pour ce qui est des autres princes, je ne les connais pas. De sorte que, tout cela considéré, et voyant les événements qui couvent en ce moment, je crois à ce moine qui criait : Faoiî pax! et non eritpax! » — W., i6td., p. 656, Lettre xxxvii à Francesco VettoH, 4514 : « Quant à l'empereur, comme ses résolutions ne sauraient jamais se fixer, on doit s'attendre à chaque instant à le voir changer, que ce changement lui soit avantageux ou non; car c'est un homme qui n a jamais vécu et qui ne s'est jamais, pour ainsi dire, nourri que de changements. »
2. « A l'exemple des empereurs romains, qui étaient souverains pontifes, Maximitien voulait devenir pape : il avait déjà pris le titre de Pontifex MaximuSy et il espérait gagner les cardinaux au moyen de deux ou trois mille ducats. Dans une lettre à sa fille, il ajoute qu'il veut être canonisé après sa mort, afin, lui écrit-il, que vous m'adressiez un jour vos prières, dont je me tiendrai bien glorieux. » Duhesnil, Histoire de Jules U, Paris, 1873, in-8, p. 149.
et toujours besoigneux, i( pochi danari^ ; » c'est le perfide Ferdinand le Catholique qu'illustre sa perfidie même ' ; c'est « le présomptueux et léger » Charles VIII ^ ; « l'irritable et craintif »
4. Surnom donné à Maximilien, sans cesseàcoart d'argent. Cf. Machiavel, CEitvres compl.y t. I p. 304, Rapport sur les affaires d Allemagne fait le 17 juin 1508. « L'empereur actuel, malgré toutes ses ressources, n'a jamais le sou, et, qui pis est, on ne saurait dire où passe l'argent qu'il tire de ses domaines. » T. II, p. 634, Lettres familières. Lettre xxiv à Francesco Vettori, 1S13. a L'empereur est un prince léger, inconstant, sans argent et presque sans considération. »
2. Machiavel. Œuvres compl,, t. I, p. 630, le PrincCy ch. xvHi. « Un prince encore régnant, mais qu'il ne me convient pas de nommer, ne prêche jamais que la paix et la bonne foi. Mais s'il eût observé l'une et l'autre, il eût plus d'une fois perdu sa réputation et ses États. » Cf. Id., ibid.y p. 636, le Prince^ ch. xxi. « Pour pouvoii' former des entreprises encore plus éclatantes, Ferdinand se couvrit adroitement du masque de la religion, et, par une pieuse cruauté, il chassa les Maures de ses Etats. Ce trait de pobtique est vraiment déplorable et sans exemple. Il se couvrit aussi du manteau de la religion pour attaquer successivement l'Afrique, l'Italie et la France, nourrissant toujours les projets les plus vastes et les plus capables d'appeler l'attention de ses sujets sur les événements de son règne. C'est ainsi que ce prince a su conjurer les orages qui se formaient sur sa tête, et que nous l'avons vu atteindre son but, sans éprouver d'obstacles de la part de ses sujets. »