Foscolo, Gli Sepolcri, p. 380, s*adrcssant à Florence
dessmis du médaillon, d'ailleurs très-médiocre, qui, à Santa-Croce, a la prétention de rappeler les traits du Secrétaire Florentin : Tanto nomini nullum par elogium. « Pour un si grand nom, pas d'éloge qui l'égale *. » C'est là une
u Te beata, gridai...
lo quando il monumento Vidi ove posa il corpo di quel grande Cbe, temprando lo scettro a' regnatori Gli allôr ne sfronda, ed aile genti svela Di che lagrime grandi, e di che sangue ! »
Cf. Alfieri, Mme y KehJ, 1789, in-8, p. 26 :
« £ qui il sovran pensator, ch' esprime Si ben del Prence i dolorosi effetti. »
1. Cf. Périès, Histoire de Nicolas Machiavel, p. 271. « Les restes de Machiavel furent déposés dans la sépulture que sa famille possédait dans Téglise de Sainte-Croix ; ils y restèrent pendant deux siècles et demi, ignorés du plus grand nombre de ses concitoyens, et sans que rien distinguât sa tombe de celle du citoyen le plus obscur. Mais en 1782, sous le gouvernement sage et paternel du grand-duc Léopold, la mémoire de cet homme célèbre fut en quelque sorte vengée de l'ingrat oubli dans lequel sa patrie l'avait tenu jusqu'à ce jour. C'est en cette année que lord Nassau Clavering, comte Cowper, publia la belle édition in-4 des œuvres du Secrétaire Florentin, qui a servi de type à toutes celles qui ont paru depuis. De son côté, le grand-duc fit ériger à Machiavel, en 1787, un monument en marbre à côté de ceux de Galilée et de Michel- Ange. L'idée de ce monument, placé dans l'église
insupportable hyperbole. Non, Machiavel n'est point au-dessus de tout éloge, et il me semblait rencontrer aux Offices^ dans cette ébauche de Brutus, la représentation fidèle de celui qui, après avoir servi avec passion la république de Florence, brigua impatiemment l'honneur de servir les Médicis.
Pour quiconque en eflPet est entré en commerce intime avec cet attristant politique, il est certain que ce fut un grand homme, mais un grand homme fort incomplet. On dirait en quelque sorte, à le considérer, que la nature avait voulu d'abord modeler en lui un Brutus,
mémo où Machiavel était enseveli, fut conçue par le chevalier Albert Rombotti, et l'exécution coniiée au ciseau d'Innocent Spinazzi. Il représente la Muse de l'histoire, tenant dans une main les attributs qui la caractérisent, et appuyée de l'autre sur un médaillon où se trouve le portrait en buste de Machiavel. Sur le corps du tombeau, on lit l'inscription suivante :
c( Tanto nomini nuUum par elogium
Nicolaus Machiavelli obiit anno a. p. v. MDXXVII. »
(( Son éloge fut ordonné par l'Académie royale de Florence, et composé par le chevalier BaldelU. »
On voit encore aux Offices un autre buste assez insignifiant de Machiavel, avec cette inscription : Mncchinvfilli efflgiato nel 1495.
mais qu'elle a laissé comme à demi informe la vulgaire argile qu'elle avait entrepris de pétrir. L'amour de la patrie chez Machiavel est trop souvent oblitéré par le souci de sa propre fortune ; les maîtres qu'il doit subir lui deviennent, en définitive, plus chers que les amis qu'il s'est choisis ; ce n'est point, lorsqu'il prend la plume, à la postérité, ni même expressément à ses concitoyens qu'il s'adresse, mais surtout et avant tout aux dispensateurs actuels de la faveur, et la plupart de ses ouvrages sont moins les actes d'un penseur désintéressé qui professe une doctrine que les sollicitations d'un courtisan qui mendie des grâces. En un mot, tout illustre que l'aient fait ses écrits, il appartient à cette foule innombrable qui, pom* vivre, oublie ou perd de vue quels sont les motifs mêmes de vivre.
« Et propter vitam vivendi perdere causas ^ »
Peut-être, je l'avoue, ce jugement paraîtrat-il sévère, et je suis le premier à ressentir combien il est dur de le prononcer. Mais l'histoire ne se confond pas avec ce genre littéraire qu'on appelle l'éloge, et tandis que la suprême