MACRfAVEL, CFjHvrp'i rompl., t. T, p
tagneux se placent dans la plaine, et sur les .lieux élevés lorsqu'ils veulent lever la carte d'un pays plat, de même il pense qu'il faut être prince pour bien connaître la nature et le caractère du peuple, et plébéien pour bien connaître les princes *. » Enfin et pour conclure, Machiavel, s'adressant à Laurent, ne craint point d'ajouter que « si Sa Magnificence, du faîte de son élévation, abaisse quelquefois ses regards sur ce qui est si au-dessous d'elle, elle verra combien peu il a mérité d'être la victime continuelle d'une fortune injuste et rigoureuse ^. » A coup sûr, rien n'est moins équivoque que de pareils discours. Toutefois, s'il était permis de conserver quelque doute relativement à l'objet que se proposait Machiavel en rédigeant le traité du Priîicej il suffirait, pour s'en éclaircir, de lire la fameuse lettre qu'en décembre 1S13 il écrivait à Vettori ; lettre qu'on a citée si souvent, et qui, à tant de titres, mérite si bien de l'être, tellement Machiavel s'y peint au naturel et nous y dévoile tous les plis et replis de son cœur ^ !