Machiavel, Œuvres ccnripL, t. II, p
2. Id., ibid., p. 639. — Le bargello ou barigel était le chef qui commandait les hommes de [lolice cliargés d'arrêter les prévenus.
DERNIÈIIES ANNÉES DE MACHIAVEL J6o
noté tout ce qui, dans les conversations des grands hommes, avec lesquels je m'entretiens, m'a paru de quelque importance; j'en ai composé un volume de Principatibus *, dans lequel j'aborde autant que je puis toutes les profondeurs de mon sujet, recherchant quelle est ' l'essence des principautés, de combien de sortes il en existe, comment on les acquiert, comment on les maintient, et pourquoi on les perd ; et si mes rêveries vous ont plu quelquefois, celleci ne doit pas vous être désagréable ; elle doit Surtout convenir à un prince, et spécialement à un prince nouveau : voilà pourquoi je dédie mon ouvrage à la magnificence de Giuiiano '... C'est la nécessité qui me force à dédier ce ^ livre ; c'est elle qui me pousse; je me consume et ne puis rester longtemps comme je suis sans tomber dans un état de pauvreté qui m'exposerait au mépris. Je voudrais bien que ces seigneurs Médicis commençassent à m'employer.
1 . Machiavel a désigné tour à tour son traité sous la dénomination de de Principatibus et // Tiranno. Les édi teurs l'ont intitulé: Il Principe, Julien de' Ricci, eu 1572, rintitule : Del modo che devono tenere li principi nuovi nello consolidarsi negli stati,