Varchi, Stor. Florent., L. IV
2. Busini, gentilhomme florentin, né en 1504' et du iwirli contraire aux Médicis.
malade comme il arrive, en partie par douleur, en partie pour une cause ordinaire ; sa douleur était l'ambition... Malade, il commença à prendre de ces pilules, à s'affaiblir et à aggraver son mal ; d'où il raconta à Filippo, à François del Nero, à Jacques Nardi et à d'autres ce songe où il prétendait avoir vu les grands hommes réunis dans l'enfer et l'accueillant parmi eux, et ainsi il mourut, très-peu content, en ricanant. Piero Carnesecchi dit qu'étant revenu de Rome avec lui, il l'entendit souvent soupirer, après qu'il sut que la ville était libre. Je crois qu'il s'affligeait de ce qu'il avait fait, car vraiment il aimait la liberté et très-extraordinairement ; mais il s'affligeait de s'être empêtré avec le pape Clément \ » « Infatti amava
1. Conte de Spizelius dans son Athéisme, rapporté par Binet, Bu salut d'Origène,
« Peu de temps avant que de rendre l'esprit, Machiavel vit un tas de pauvres gens, comme coquins, déchirés, affamés, contrefaits, fort mal en ordre et en assez petit nombre ; on lui dit que c'étaient ceux du paradis, dont il était écrit : Beatipauperes, quoniam ipsorum est regnum cœlorum. Ceux-ci étant retirés, on lit paraître un nombre innombrable de personnes pleines de gravité et de majesté ; on les voyait comme un sénat où on traitait d'affaires d'État et fort sérieuses ; il entrevit Platon, Sénèque, JMutarque, Tacite et d'autres de cette qualité. Il de-
la liber ta estraordinarissimamente ; ma si doleva d'essersi impacciato con Papa Chimenti \ » — « n arriva à sa mort, écrivait de son côté Varchi, il arriva à sa mort ce qui devait paraître impossible ; c'est qu'elle fut également agréable aux bons et aux méchants : aux bons, parce qu'ils connaissaient sa perversité ; aux méchants, parce qu'ils le savaient plus méchant qu'eux et doué de plus de talents. Machiavel était néanmoins aimable dans la conversation, obligeant envers ses amis, ami des hommes vertueux, et digne, en un mot, que la nature lui eût accordé ou un moindre génie, ou un meilleur esprit. » Et Varchi ajoutait : « La raison de cette haine universelle était, outre la licence de ses discours et une vie peu honnête et peu convenable à son rang, l'ouvrage qu'il composa, intitulé le Prince^ dédié à Laurent de
manda qui étaient ces messieurs-là si vénérables ; on lui dit que c'étaient les damnés, et que c'étaient les âmes réprouvées du ciel : Sapientia hujus sœculi inimica est Dei, Ceux-là étant passés, on lui demanda desquels il voulait être ; il répondit qu'il aimait beaucoup mieux être en enfer avec de grands esprits, pour deviser avec eux des affaires d'État, que d'être avec cette vermine de ces bèlitrcs qu'on lui avait fait voir. Et à tant il mourut. » 1. BusiNi, Letterà undccima.
Médicis, pour qu'il se fit seigneur absolu de Florence, ouvrage impie vraiment et qui mérite d'être non pas seulement blâmé, mais détniit, comme il chercha à le faire lui-même, après le changement du gouvernement et alors qu'il n'était pas encore imprimé ^ . »
En définitive, le traité du Prince n'avait en rien porté bonheur à son auteur.