Francfort, ^629. — Cf. Machiavel, (Euvres rompl
que vers la même époque, Pontanus, rhéteur élégant, âme vile, publiait un très-savant traité de Principe^ oii il considérait la politique comme une branche de la morale, et qu'il dédiait à Alphonse, duc de Calabre, son protecteur, dont il allait bientôt, aux approches de Charles VIII, trahir indignement le fils, Ferdinand II, roi de Naples*. Nul doute d'ailleurs que le Prince de Machiavel n'ait rien de commun que le titre avec ces ouvrages ou d'autres analogues, qui l'ont précédé, et qu'il ne faille tenir pour parfaitement original le travail (Je l'illustre Florentin.
Chose singulière ! ce livre qui devait constituer pour Machiavel, aux yeux de la postérité, une note d'infamie tout ensemble et un titre de gloire, ce livre se trouva être également, durant sa vie, un instrument de fortune tour à tour et
p. 626, le Prince, ch. xv. ail s'agit maintenant de savoir comment un prince doit se conduire envers ses sujets et envers ses amis. Cette matière ayant déjà été traitée par d'autres, je crains bien qu'on ne me taxe de présomption, si j'ose la considérer d'une manière différente de la leur. »
1. Cf. SiSMONDi, Ouvr. cit,j t. XII, p. 286. — Hallam, Histoi7'e de la littérature de VEurope pendant les xv®, xyt*^ et xyiie siècles^ t. I, p. 227.
une cause de ruine, l'objet suprême de ses craintes à la fois et de ses espérances, de sa ferme confiance dans l'avenir et de ses mortels regrets. Si en effet nous en croyons Varchi, lorsqu'en 1527 les Médicis furent expulsés de Florence, Machiavel, comme nous l'avons vu, aurait tenté de supprimer son Prince^ qui n'était pas encore imprimé *. D'un autre côté, quelle sollicitude paternelle, au contraire, et quel amour inquiet Machiavel ne témoignait-il point pour cette composition, lorsqu'en 1513 il en entretenait si longuement Vettori ? « J'ai causé avec Philippe de mon opuscule, lui écrivait-il; je lui ai demandé s'il était bien d'en parler ou de n'en pas parler ; s'il était bien de le donner ou de ne le pas donner; s'il était bien que je vous le portasse ou que je vous l'envoyasse : ne pas le donner moi-même me faisait penser naturellement qu'il ne serait pas lu de Julien et craindre que cet Ardinghelli ne se fit honneur auprès de lui de mes dernières fatigues ^. »