‹ Machiavel: augmentée du̕n appendiceChapitre 74 sur 96 · M., ihid., p · texte numérisé non relu

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sant pour entreprendre ce grand dessein, je crois qu'en bien peu de temps j'aurais montré au monde tout le prix des institutions des anciens; et certes j'aurais élevé mes États à un haut degré de splendeur, ou j'aurais du moins glorieusement succombé * . »

Machiavel poussera même jusqu'au fanatisme la théorie de l'amour de la patrie. Le publiciste déréglé, auquel on a tant reproché de corrompre les princes, pourra être justement aussi accusé de pervertir les patriotes, en leur enseignant « que tous moyens sont bons, pourvu que la patrie soit défendue ; que, s'il s'agit de délibérer sur son sort, on ne doit être arrêté par aucune considération de justice ou d'injustice, d'humanité ou de cruauté, de honte ou de gloire ; que le point essentiel qui doit l'emporter sur tous les autres, c'est d'assurer son salut et sa liberté ^ »

Il suffit, d'autre part, de lire l'éloquente exhortation de Machiavel à délivrer de ses op-

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