‹ Machiavel: augmentée du̕n appendiceChapitre 77 sur 96 · Mazzlni, Omr. cit., p · texte numérisé non relu

Mazzlni, Omr. cit., p

Machiavel représentant du paganisme politique, philosophique, religieux de la Renaissance. — Supériorité attribuée par Machiavel au paganisme sur le christianisme. — Erreur de Machiavel réfutée. — Fatalisme de Machiavel. — Théorie des corsi e ricorsi. — La religion instrument d'État. — Superstition de Machiavel. — Astrologie et magie au seizième siècle. — Théprie de la force.

C'est encore ritalien que Ton retrouve chez Machiavel, dans Thomnie qui^ à un si haut degré, exprima Tesprit tout païen de. la Renaissance. Ce fut eflFectivement en Italie d'abord^ pour de là rayonner et se répandre à travers TEurope, qu'éclata cet esprit tumultueux, indiscret mais puissant, de retour vers le passé ou de rénovation, qui, de la sorte, peut être dit principalement italien. Or nul parmi les conciloyensd^ Machiavel ne s'en montra plusi que lui le fidèle ou profond interprète. Insensible aux arts, poëte par passe-temps, littéra-

leur et piihliciste surtout par calcul, s'il ne fat point épris de cet amour de la beauté antique qu'on poussa autour de lui jusqu'au délire, et qui, séparé de l'amour du bien, produisit, au siècle des Médicis, tant de corruptions; le paganisme politique, philosophique, religieux de la Renaissance rencontra dans sa personne un de ses adeptes les plus convaincus, en même temps qu'un des contempteurs les plus décidés du moyen âge. Ainsi, ne cherchez point dans les ouvrages de Machiavel les maximes de droit public ou privé que le christianisme a divinement infusées au droit romain. N'y cherchez pas davantage la foi en une Providence rémunératrice ou vengeresse, qui dirigeant ou corrigeant notre libre arbitre, sans l'annuler ni même TafiFaiblir, préside à la succession des empires comme à la destinée des individus.

Suivant lui, loin de restaurer les volontés humaines, le christianisme les a débilitées, déprimées par ses enseignements. L'auteur des Discours et du Prmce accorde bien, il est vrai, qu'il n'en faut accuser que ceux qui ont expliqué cotte religion d'une manière plus commode pour leur paresse que favorable à la vertu. Car s'ils avaient considéré que le christianisme

permet et la gloire et la défense de la patrie, ils auraient vu qu'il nous ordonne d'aimer cette patrie, de l'honorer et de nous exercer à toutes les vertus qui servent à la défendre *. Ou encof% le Secrétaire Florentin avoue que si, dans les commencements de la république chrétienne, la religion se fût maintenue d'après les principes de son fondateur, les États et les républiques de la chrétienté seraient bien plus unis et bien plus heureux qu'ils ne le sont *. Machiavel observe toutefois que la religion chrétienne couronne plutôt les vertus humbles et contemplatives que les vertus actives. Elle place le bonheur suprême dans l'humilité, l'abjection, le mépris des choses humaines ; et celle des païens faisait consister le souverain bien dans la grandeur d'âme, la force du corps et toutes les qualités qui rendent les hommes redoutables. Si la reli- 'gion chrétienne exige quelque force d'âme, c'est plutôt celle qui fait endurer les maux que celle qui conduit aux grandes actions. Et Machiavel en conclut que ces principes, en fendant les hommes plus faibles, les ont diposés à

1. Machiavel, Œuvres compL^ t. I, p. 445, Discours sur Tite-Live^ Liv. T, ch. xic.

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