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les préférences du Secrétaire Florentin sont pour la république *, et César est le seul homme qu'il ait voué àTexécration ^ On le voit néan-, moins, théoricien sans conscience, se faire le prôneur tour à tour du despotisme et de la démocratie, delà iyranme ^ principato assohito., et de la liberté qu'il a le tort de confondre avec le gouvernement de la pluralité, goveimo deipiii. Praticable tout au plus dans les petits Etats ita-
i . Si Ton se propose de fonder une république, qu'on n'oublie pas que la république se fonde sur Tégalité et la probité ; Tinégalité et la corruption conspireront toujours pour la royauté. Telle est la thèse que Machiavel a pris à tâche de développer longuement dans ses Discours sur la première décade de Tite-Live, Cf. (Euvres compl.^ t. I, p. 485, Discours^ Liv, J, ch. lv ; — p. 489, ibid., ch. Lviii, Qu'unpeuple est plus sage et plus constant qu'un prince \ — p. 491, ihid,^ ch. lix, A qui d'un peuple ou d'un prince peut-on se fier davantage comme allié, etc.
2. Machiavel, (Euvres compL, t. I, p. 442, Discours, Liv, J, ch. X. « Ceux qui ont loué César étaient des juges corrompus par sa prospérité même et effrayés d'une puissance perpétuée dans uue famille et qui ne leur permettait pas de s'expliquer librement. Veut-on savoir ce que ces écrivains eneussentdit, s'ils eussent été libres? Qu'on lise ce qu'ils ont écrit de Catilina. César est d'autant plus digne d'exécration que celui qui exécute est plus coupable que celui qui projette. Qu'on voie surtout les éloges prodigués à Brutus. Ne pouvant flétrir le tyran dont ils redoutent la puissance^ ils célèbrent son ennemi. »
CONCLTSION -iS:]
liens de son temps, sa politique ne saurait être ] ni généralisée, ni appliquée à un grand Etat.
En matière de gouvernement, Machiavel part, en outre, de cette proposition absolue, que les hommes sont méchants. «Les hommes, écrit-il, sont ingrats, changeants, dissimulés, timides et âpres au gain. Tant qu'on leur fait du bien, ils sont tout entiers à vous; ils vous offrent leur fortune, leur sang, leur vie, et jusqu'à leurs propres enfants, si l'occasion est éloignée; mais si elle se présente, ils se révoltent contre vous *. » Ou encore : « Les hommes, étant assez généralement méchants, ne se tournent au bien que lorsqu*ils y sont forcés ^ » Et d'une manière plus explicite : « Les hommes sont tous méchants et toujours prêts à manquer à leur parole ^ »
Ce serait, d'ailleurs, une erreur de croire î^ que cette doctrine de la méchanceté humaine que professe le Secrétaire Florentin ail rien de commun avec le dogme du péché originel auquel correspond du moins le dogme de la rédemption. Non, c'est purement et simplement