M., t'hifl., t. T, [>. OiU), le Prinre, cli. xviii
toujours ^ » Finalement donc le succès, et le succès le plus prochain, le succès immédiat, voilà Tunique et. souveraine visée; Thonnêtc n'est que l'utile et Futile à courte échéance. V Commeut ne pas en convenir? Envisagée de la sorte en raccourci, mais présentée fidèlement et non défigurée, cette politique est mons- Urueuse. Il faut se reporter aux époques les plus calamiteuses de l'histoire de tous les temps ' pour en trouver la naïve et brutale application ^ et il n'y a pas d'homme d'Etat si éhonté, qu'il ^ osât publiquement en professer les rebutantes maximes. Cette politique, aussi bien, en dépit des apparences, devient tôt ou tard et d'une manière infaillible, non-seulement compromettante, mais désastreuse. Elle peut momentanément servir une violente et criminelle ambition ; mais elle n'élève un instant ses adeptes que pour les précipiter ensuite d'une chute plus rude. « Je crois, observait Descartes jugeant Machiavel, je crois que ce en quoi l'auteur du
\. Machiavel, Œuvres compL, t. I, p. 440, Discours, Liv. I, ch. IX.
2. Cf. Hoffmann, (JEuvr. compL, Paris, 1828-29, 10 v. in 8, Critique, t. V.p. 201 >^ suiv., Machiavel; — J. Ferrari, Ouvr, oit.
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Prince a le plus manqué, est qu'il u'a pas mis assez de distinction entre les princes qui ont acquis un État par des voies justes et ceux qui Tont usurpé par des voies illégitimes, et qu'il a donné à tous généralement des préceptes qui ne sont bons qu'à ces derniers * . »
Qu'est-ce en effet que le prince que le Machiavélisme réclame pour réaliser ses desseins? Capable de se prêter à toutes les métamorphoses, les animaux dont le prince doit savoir
1. Œuvres de Descartes, 'publiées par V. Cousin, Paris, 1824, 11 vol. in-8, t. IX, p. 388, Lettre à Madame Élisabethy 1646. — Cf. ibid., p. 400, Lettre à la même, c U y a des livres dont la lecture n'est pas si propre à entretenir la gaieté qu'à faire venir la tristesse, principalement celle du livre de ce docteur des princes, qui, ne représentant que les difficultés qu'ils ont à se maintenir, et les cruautés ou perfidies qu'il leur conseille, fait que les particuliers qui le lisent ont moins de sujet d'envier leur condition que de la plaindre... C'est le dessein que Machiavel a eu de louer César Borgia qui lui a fait établir des maximes générales pour justifier des actions particulières qui peuvent difficilement être excusées : et j'ai lu depuis ses discours sur Tite-Live, où je n'ai rien remarqué de mauvais; et son principal précepte, qui est d'extirper entièrement ses ennemis, ou bien de se les rendre amis, sans suivre jamais la voie du milieu, est sans doute toujours le plus sur, mais lorsqu'on n'a aucun sujet de craindre, ce n'est pas le plus généreux. »
revêtir les formes sopt le renard et le l ion '. Il apprendra dû premier à être adroit , et du second à êtrejgft. Ceux qui dédaignent le rôle du renard n'entendent guère leur métier; en d'autres termes, un prince prudent ne peut ni ne doitJ:eixiji~&a4ia£ale que lorsqu'il le peut sans se faire tort et que les circonstances subsistent dans lesquelles il a contracté un engagement. Ce qui importe, c'e st de bi en jouer sonjNÔle et de savoir à propos, feindrfî£t dissimuler ^ Les hommes sont si simples et si faibles que celui qui veut tromper trouve aisément des dupes. Conséquemment, il n^est pas nécessaire à un prince d'avoir toute espèce de bonnes qualités, niais il lui^est indispensable de paraître les avoir; il lui est même quelquefois dangereux d'en faire usage, quoiqu'il soit toujours utile de paraître les ^ossé der. Un prince doit s'efforcerde^ se faire une^réputatiou de bonté, de clémence, de piété, ^de^^filî té à ses engagements et de justice ; il doit avoir ces bonnes qualités, niais jester maître de soi pour en déployer de contraires, lorsque cela
i. Machiavel, Œuvres compl., t. I, p. 0*29, le Prhice,
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