V. mes Mémoires précités, c)i Xdu présent volume
M. TriantafiUis se soit donné le droit de soutenir :
1° Que Machiavel savait le grec;
2° Qu'il a beaucoup profité des auteurs grecs ;
S"" Qu'il a notamment fait grand usage du recueil de Constantin Porphyrogénète.
De la sorte, se trouvent déjà abondamment justifiées les paroles que Machiavel adressait à Laurent de Médicis, lorsque, sans s'être jamais vanté de savoir le grec, ne fût-ce peut-être que pour mieux dissimuler ses emprunts, il offrait au maître de Florence, « comme ce qu'il avait de plus précieux, la connaissance des actions des hommes célèbres, connaissance acquise par une longue expérience des temps modernes et par la lecture assidue des anciens. » Il y a lieu d'espérer que par ses ii^génieuses et persévérantes investigations, M. TriantafiUis poussera cette explication encore plus loin. D'autres ont étudié ou ne cesseront d'étudier chez Machiavel Fécrivain et Thomme d'état. M. TriantafiUis aura largement contribué, pour sa part, à nous faire connaître dans Machiavel l'érudit, et tout en enrichissant ainsi la science de la littérature italienne, ne diminuera certainement en rien le genre de gloire qui s'attache au nom de l'auteur des Discours et du Prince.
En 1878, M. Ambroise Firmin-Didot faisait paraître un volume intitulé : Aide Manuce et r Hellénisme à Venise^.
Dans cet intéressant ouvrage, plein de recherches neuves et d'indications, qu'on voudrait d'ailleurs parfois plus précises, M. Didot commence par retracer l'histoire de l'Hellénisme non seulement à Venise, mais dans l'Italie tout entière, à Naples, à Ferrare, à Mantoue, à Padoue, à Vérone, à Milan, et surtout à Florence. Il établit qu'au moyen âge, l'Italie possédait un assez grand nombre de manuscrits grecs, échappés aux ruines qu'avaient accumulées les invasions djes barbares, mais il observe en même temps qu'il y avait à cette époque peu d'hommes [capables de les comprendre. On connaît la maxime alors accréditée : Grœcum