MACHIAVEL ET SON ÉPOQUE
Nous avons suivi Machiavel dans l'action politique, suivons-le maintenant quand il formule son jugement sur l'ensemble de la crise. L'idée que l'Italie était vaincue le gagna peu à peu ; il n'y songea guère dans sa jeunesse , et plus il avançait dans la vie, plus elle dominait toutes ses idées. Cette descente do Charles VIII, cette date de 1404 devenait pour lui à chaque jour plus solennelle. Partout au Taro , à Alexandrie , à Capouc, à Gènes , à Vaila , à Bologne, à Meslre , c'était lu descente de Charles VIII qui se répétait, c'était la débandade italienne , la déroule sans combat , une catastrophe qui grandissait. Pourquoi, se demande Machiavel, tant de honte réservée aux seigneurs? Quelle est la force qui emporte l'Italie? En concevant l'Italie comme une confédération de seigneurs indépendants, en voyant les armées françaises , espagnoles , allemandes qui parcouraient la Péninsule, il s'expliqua la catastrophu par la' conquête. Toutes les fois qu'il jette un regard rétrospectif sur les événements qui viennent de s'accomplir , les faits se rangent sous sa plume pour si-
gnaler les hasards qui oui ouvert la voie aux armées de l'Espagne , île la France ou de l'Allemagne. Quand il juge l'influence des homrnes c'est pour faire peser la responsabilité de la conquête sur Louis-Ie-More , sur Jules II , et en général comme les vaincus de tous les partis, il s'arrête aux événements qui ont fait triompher les foi-ces matérielles de l'ennemi. Cette théorie de la conquête a été développée par son disciple Guicciardini , elle a été adoptée à l'unanimité par les meilleurs historiens de la Péninsule et elle figure encore chez Sismondt, Robertson et les historiens de notre temps. Je crois que Machiavel a trompe la postérité et qu'il s'est trompe lui-même en exagérant une erreur des seigneurs. L'Italie n'a pas été conquise. Dans toutes ses guerres il y eut des Italiens dans les deux camps, des étrangers des deux côtés. Naplcs et Milan cédaient sans se défendre et l'absence de combat détruit l'idée même de la conquête. Pour donner une raison à ces défaites miraculeuses , Machiavel accuse les divisions entre les princes et les peuples , entre les grands et les princes et il ne voit pas que l'Italie est vaincue par ses propres forces et qu'elle finit par obéir à ses propres chefs. Des divisions qui attendent l'ennemi pour éclater, transforment son triomphe en une délivrance nationale. D'ailleurs ce n'est pas le fractionnement des états et des partis qui pouvait perdre l'Italie. Quand les communes résistaient à Frédéric Barberousse , elles étaient vingt fois plus fractionnées; chaque terre avait un seigneur,
' Prince, ch. xxiv.
chaque ville était une république, et rependant les communes combattaient , elles rem portaient la victoire de Legnano ; elles fondaient leur liberté. Non , nialie du XVI e . siècle n'a pas voulu combattre, ses populations ont voulu le résultat de la guerre , personne ne pourra dire quelle est l'armée étrangère qui a vaincu la renaissance. Partout c'est une bataille qui décide de la conquête , et on dc trouve nulle part la bataille de l'Italie. Y eut-il des terres conquises? Le royaume de Naplcs resta seul soumis à l'étranger et encore l'étranger se reconnut feudataire du saintsiége; Venise reprit ses possessions, et toutes les autres provinces survécurent à la catastrophe : Florence elle-même se hornait à accepter ces Mcdicis qui régnaient heureusement avant la crise. Oublions celte Italie abstraite des seigneurs, celte ligue italienne stipulée en 1484 , rompue en 1494, renouée avec l'Espagne et l'empereur en 1495, et bientôt supprimée pour ne plus reparaître que mutilée et honteuse en 1327. Cherchons l'Italie là où elle était, au fond de chaque seigneurie, dans ces populations lombardes, toscanes, espagnoles ou- napolitaines; la conquête disparaîtra complètement. En Lombardie Louis-le- Morc régnait en seigneur, il affectait do réprimer également les guelfes et les gibelins : toutefois la seigneurie était gibeline parla tradition des Visconti. Quand Louis XII arriva, elle fut attaquée par la bourgeoisie guelfe : dès-lors les Sforza se déclarèrent ouvertement pour la plèbe et les grands du parti gibelin. Les emblèmes, les habits, les plumes des deux partis reparurent dans les rues , et les guelfes et les gibelins disposèrent alternativement du duché, sui-
vant qu'ils étaient appuyés par la France ou par l'empereur. Bologne entra dans la crise avec une lutte Je la renaissance; le tyran cl les républicains, Bcntivoglio et les Marcscotti étaient aux prises , et bientôt les Bentivoglio et les Marescotti devinrent , les uns guelfes, les autres gibelins. Les premiers suivirent le mouvement français , et les seconds , entraînés par le mouvement pontifical et gibelin de Jules II , fixèrent Bologne dans le système pontifical et impérial. En Toscane ce fut le même phénomène. A Florence , en 1494 des républicains commencent par expulser le tyran. Les Médicis en exil se déclarent gibelins , les républicains deviennent guelfes ; de là les Pallescbi, et les Fraleschi ,les Arrabbiati et les Ottimati , qui renouvellent la lutte des noirs et des blancs , des guelfes et des gibelins. Le jour où Clément VII , de la famille des MéiHcis , s'allie déf'uiiiivement avec l'em- , pereur, Florence doit rentrer dans la tradition pontificale et gibeline. Pendant la crise, Florence guelfe est en guerre avec d'autres villes de la Toscane : quelles sont-elles? Pise, une ville gibeline, Sienne, encore une ville gibeline , et toutes deux , à la fin de la crise, sont réunies sous la domination gibeline des Médicis. A Pistoie , les Pancialiclri et les Cancellieri , c'est-à-dire les gibelins et les guelfes du XIII e siècle, ressuscitent pour se livrer des combats furieux. Gônos , pendant toute la crise , flotte entre la France et l'Espagne , au moyen des guelfes , les Ficschi , les Fregoso, et des gibelins, les Doria et les Spinola. Dans les états romains , le jeu des partis est encore plus évident. A Ricanali , les familles gibelines du temps de Frédéric II recommencent des combats si
acharnés, qu'en 1505 la peste même n'impose pas la trêve aux combattants. Todi voit un massacre de gibelins, Terni un massacre tic guelfes. A Vilerbe, ce sont les Gattcsdii ri los Mn^in/esi; à Céscne, lesTiberti et les Martinelli ; à Ravcnne,les Lunardi et les Itasponi ; à Pcrouse, les Oddo et les Baglioni ; partout ce sont les guelfes et les gibelins qui reproduisent les batailles nocturnes, les incendies et les trahisons du moyen-âge. Les Colonna de Rome , en 1526 et en 1527, furent aussi terribles pour le pontife que l'avaient jadis été leurs ancêtres pour les papes du moyen-âge. Quant au royaume de Naples , la lutte fut vidée par les Angevins et les Aragonais : c'étaient là deux races , deux noblesses toujours soutenues par deux prétendants à la couronne. Depuis 1206 ils avaient joué le rôle des guelfes et des gibelins napolitains, et depuis 1494 ils renouvelai ont le combat plus fort que jamais. Dans chaque ville ce furent dos épisodes tragiques entre les familles rivales ; dans chaque village la population se trouva partagée par les deux sectes du moyen-âge. Les historiens de la renaissance , ces illustres vaincus, n'ont pas daigné nous raconter ces luttes intérieures ; cependant dans chaque ville il y a une douhle série de chroniqueurs, les uns guelfes , les autres gibelins , et par les faits qu'ils exposent ils donnent le démenti le plus éclatant à cette théorie de la conquête inaugurée par Machiavel. L'Italie n'a cédé qu'à ses propres principes ; elle n'a pas voulu combattre pour l'indépendance abstraite des seigneurs.
Toujours persuadé que l'Italie a été conquise , Machiavel arrête son regard sur les armées italiennes;
il voit partout des soldats on fuite, des chefs qui trahissent, cl H se demande pourquoi les Italiens qui excellent au duel ne tiennent pas à la guerre? pourquoi ces condottieri ii double face , ces seigneurs sans épee? (le sont là pour lui des mystères qu'il s'explique par le commerce et par les papes , en accusant les Italiens d'Être un peuple de marchands et de prêtres. Il ne voit pas que la seigneurie est une création facliec, récente, équivoque, qu'elle n'est pas fixée par un droit certain, qu'aucune conscience n'est irrévocablement acquise au seigneur. Se méfiant de tous, il achète des capitaines, les capitaines le vendent sur le champ de bataille ; on ne livre que des combats simulés. A quoi bon la gloire? Le seigneur veut l'exploiter, le soldat ne cherche que l'argent. Qu'on ne s'arrèlc pas à la surface de celte Italie factice qui trompe et désespère Machiavel , que l'on pénètre au fond des villes ; qu'on suive les combats guelfes soutenus par des traditions , inspirés par des principes. La faiblesse et la lâcheté cèdent la place h l'héroïsme ; là on ne se trompe point, on ne recule pas : une bataille ne brise pas le parti vaincu , il faut le vaincre vingt fois pour qu'il se retire. L'armée de la ligue est battue, les armées pontificales se débandent , les capitaines de Louis-le-More se vendent, les capitaines du roi de Naplcs négocient et trahissent, ceux de Florence livrent la république à l'ennemi. Mais pour les Martinelli et les Tiberti , pour les Mareseotli et les Bentivoglio, pour Sienne qui défend ses franchises, pour l'ise qui défend sa liberté, la guerre n'est pas un jeu, ei Gènes, Bologne , Cesène, Perouse, Aquila, toutes les villes de l'Italie, nous
offrent mille exemples de courage, tandis que cette Italie des seigneurs offre le spectacle de la lâcheté. A force de mépriser tes seigneurs qui succombent à cette conquête imaginaire , Machiavel finit par déclarer que l'Italie n'a pas de chefs , que les hommes manquent; qu'il y a partout les éléments d'une régénération , que personne ne sait les dominer. Il calomnie l'Italie : en principe , jamais aucun peuple ne s'est arrêté faute de chefs; les hommes sortent des masses , leur génie se borne à donner une formule à l'inspiration nationale : ils ne conduisent les masses que là où elles veulent arriver. Croire à la toute-puissance de l'individu, c'est accepter le préjugé classique et même le préjugé catholique , qui transforme les personnages de l'histoire en grandsprêtres et les peuples en troupeaux. L'Italie manquaitelle de chefs? Au contraire , elle était le pays des hommes : ailleurs il y avait les peuples , dans la Péninsule il y avait les chefs. Les Doria , les Colonna , les Trivulzio, conduisaient les grandes armées de l'empereur, de l'Espagne, de la France ; la politique ne se lassait pas de multiplier ses prodiges ; aucune terre ne pouvait rivaliser avec la patrie des Médicïs. Mais ses hommes devaient ôtre guelfes ou gibelins , pontificaux ou impériaux, c'est là ce qu'exigeaient la fortune et le droit de l'Italie; et si la renaissance dépassait ce droit, l'Italie devait céder à d'autres nations ses poli tiques, ses capitaines etscs inventeurs inutiles.
Quand Machiavel concevait un plan général pour lutter contre la fortune de l'Italie , il devait tourner toutes ses ressources contre le fantôme de la conquête. De là son action politique qui porte à faux ,
de là les erreurs de ses livres et les dernières illusions de sa vie. Pour résister à la conquête , il veut fonder une république italienne ou élever une monarchie; il veut donner à sa république ou à son prince l'Italie réunie et une année nationale. Vains efforts! l'homme étranger au droit italien no comprend plus le pays ; sans choix entre la liberté et la tyrannie , il ne peut rien ; il n'a ni force , ni foi , ni décision ; à chaque pas il se trouve arrêté par son propre dilemme. Machiavel finit par choisir l'alternative d'une tyrannie nationale , et c'est dans ce but qu'il jette un regard mêlé d'envie et d'admiration sur celte France, nation de légistes et de soldats, où le roi ne peut ni mourir ni se déshonorer. Il souhaite à la Péninsule do l'imiter, d'improviser une nouvelle France : puisque les divisions perdent l'Italie , il lui faut un chef; puisque les mercenaires ne la défendent pas , il lui faut des armées nationales. Le tyran el l'armée nationale , tels sont eu définitive les deux moyens pour réaliser la grande conception de l'unité nationale. L'utopie, nous l'avons vu, est grande et prophétique ; les deux moyens pour la réaliser sontils au niveau de l'utopie? Non ; ce sont là deux expédients grossiers , extérieurs , où l'art de réussir élève le lyran à coups de poignard , où l'art de combattre arme aveuglément les populations opprimées; combinaison absurde et contradictoire; car le tyran et la nation armée , l'usurpation et le droit s'excluent mutuellement. Enfin à. qui s'adressait Machiavel pour créer le tyran , pour armer la nation ? 11 dédiait le Prince à un seigneur des Médicis ; il dédiait l'Art de la guerre à un républicain de Florence , Philippe
Strozzi ; il s'adressait donc en même temps à deux ennemis irréconciliables'. Ne nous arrêtons pas à cette contradiction qui éclate dans les dédicaces du Prince et de l'Art de la guerre ; c'est bien aux Médicis qu'il s'adresse en définitive. Après la chute de la république et sa disgrâce, il n'eut plus d'autre ambition que d'être l'âme damnée des Médicis, et jamais plus lourde méprise ne l'ut commise au point de vue italien. Machiavel , pour sauver l'Italie , invoque précisément la famille engagée d'avance dans toutes les réactions pontificales et impériales, la famille qui s'élève avec les triomphes de Léon X, de Clément VU, avec les alliances de Ma xi mi lien I", de Charles- Quint. A chaque désastre de la renaissance, Machiavel voit que les Médicis iri-audissent ; la fortune des Médicis l'étonné , et il veut la suivre , s'y cramponner ; il ne s'aperçoit pas qu'elle extermine la renaissance ; il ne prévoit pas que le dernier triomphe des Médicis sera une fortune inouïe, le grand - duché impérial de la Toscane et.cn même temps l'un des plus forts parmi les obstacles créés à l'idée de l'indépendance italienne.
Par ses théories , par son action , par ses plans , Machiavel n'était pas de son temps ; une autre théorie, une autre action, un autre plan s'emparait de l'Italie; c'est Dante qui triomphait, la Péninsule obéissait au poète du moyeu-âge. Dante avait invoqué le libérateur impérial et un événement en dehors des prévisions humaines, pour que l'Italie fût soumise à la loi du Christ et de César. Eh bien ! Charles-
i On ïuil iyni les Mijdidi sau'ilitruiit les Sliwi.
Quint fut l'homme providentiel qui délivra l'Italie d'après la loi antique, lundis que la guerre hispanofrançaise se jouait de toutes les prévisions des seigneurs pour reconstituer le système de C ha rie magne. Les ISorgia , les Bcntivoglio , ces générations de tyrans que Dante avait vues poindre sous d'autres noms et qu'il avait maudites ; les Fratesehi et les Palleschi , les Oddo et les Baglioni , les Tihcrti et les Martinelli , ces factions que Dante avait vues grandir sous d'autres formes et qu'il avait flétries dans la Divine Comédie; cette désorganisation profonde et artificieuse qui désarmait le bras et développait la perfidie de l'Italie , tout a dû s'évanouir devant la restauration prophétisée par Dante , devant le droit qu'il avait imploré. L'Empereur reprit sans combat celte domination qu'on lui avait astucieusement dérobée et dont les symboles se conservaient dans la ville éternelle. Le Pontife reprit cette suprématie qui l'avait rendu le maître du moyen-âge. Les guelfes, cette noblesse nouvelle, issue de la commune , première cause de la grande insurrection cl accablés par la haine impériale de Dante , succombèrent dans toute l'Italie ; à Milan sous les Sforaa, à Florence sous les Médicis, à Naplcs sous lo roi catholique, dans les états romains sous la papauté qui acheva le combat avec les fureurs des gibelins. Dante avait gémi sur la guerre civile, sur les grandes expulsions, sur les massacres héroïques des deux sectes, et le droit restauré comprima les partis, anéantit la guerre civile et rendit à l'Italie le calme du temps des Carlovingiens. Dante avait voué à l'exécration la dictature des seigneurs qui écrasaient ,1a guerre ci-
vile [Kir les massacres, et le ilroiL enveloppa les tyrans, il n'y eut plus de seigneurs, tous les chefs de l'Italie se trouvèrent transformés soudainement en dues, comtes et marquis de l'église ou de l'empire ; trente-six ans suffirent à la métamorphose , sans que l'on renouvelât les hécatombes immolées , d'abord par les révolutions des deux sectes , ensuite par la révolution des seigneurs. Dante détestait le commerce qui avait nourri la longue rébellion des républiques et des tyrans , elle commerce fut complètement ruiné à Milan, dévasté à Naples , affaibli partout; enfin , cette indépendance ijne Dante accusait comme un crime rentra dans le néant , à l'exception de Venise , la république Byzantine protégée dans la divine épopée par le silence le pins absolu. Dante ne pouvait pas l'attaquer, parce que sa tradition était légitime ; il ne pouvait la défendre, parce que la gloire de Venise menaçait le saint empire ; le poète se taisait et Venise resta. Pour nous la poésie de Dante est la malédiction de l'Italie , pour nous ce que Dante appelait le bien c'est le mal , pour nous ses croyances sont des erreurs, son droit est une injure ; il est notre ennemi le plus violent et toutefois nous devons invoquer Dante pour absoudre cette Italie qui descend dans le tombeau. Dante nous apprend qu'elle a cédé à un droit , à sa tradition , à l'ancienne gloire catholique et impériale , et Dante justifie ainsi cette décadence qui serait le comble de la honte d'après la théorie de Machiavel où l'Italie est accusée d'avoir cédé à une conquête hideuse par de lâches débandades en se trahissant elle-même, également incapable de fidélité et de résistance.
Qu'on ouvre les chroniqueurs des villes italiennes gagnées par la restauration ; t'est partout Dante qui triomphe et qui repousse Machiavel. Loin de regretter les republiques et les soigneurs, ils applaudissent tous à l'église et à l'empire qui les ont délivrés de la nécessité de se gouverner et de continuer la rébellion de l'indépendance. Us appartiennent à des villes , à des familles qui se sont combattues pendant quatre siècles, et tous acceptent avec une facilité miraculeuse la pacification de 1530. Les jugemens généraux de Machiavel sur la crise du XVI" siècle sont donc restés étrangers à la véritable Italie. Elle était dans les villes, dans les populations florentines, lombardes, roinagnolos , génoises; la renaissance était un pays diplomatique , un état international qui se trouva inopinément à la merci du drame souterrain des guelfes et des gibelins qui agita chaque ville pour aboutir au pacte de Léon III et de Charlemagne. Et ce pacte fut rétabli dans toute la rigueur du droit antique. En 800 , le pape et l'empereur avaient stipulé par le sens général de leurs négociations qu'ils s'uniraient contre les hérétiques, contre les infidèles; que les terres grecques seraient données au pape , et les terres lombardes à l'empereur, et que l'Italie divisée en deux parties servirait de gage au pacte des deux chefs de la République européenne. Tel fut aussi le pacte de 1S30. Le pape proclamait la croisade contre les Musulmans, l'empereur s'engageait a combattre cette hérésie de Saxe jadis écrasée par Charlemagne et alors renouvelée par Luther ; l'église promit à l'empereur qu'elle ne favoriserait plus aucune rébellion chez les
fcudalairos lombards, l'empereur promit à son lour qu'il ne favoriserait plus aucune rébellion chez les feudataircs Oc l'église. La rébellion cessa , le grand interrègne de l'église et de l'empire avait fini , les terribles sou liait s de lu Divine Comédie s'accomplissaient, Machiavel était congédié.