CHAPITRE XXVII
poètes de toutes nations l'ont été depuis; mais, généralement, les cinquante-cinq vers qui terminent ce Capitolo, égalent, s'ils ne surpassent pas, ce qu'on a pu lire de plus frais, de plus gracieux dans Ovide, dans TibuUe et Catulle, sans aller jamais jusqu'au cynisme de Properce
Si ces vers étaient faits, quand l'auteur (je n'ose plus dire Machiavd) écrivit à Alamanni, en lui annonçant qu'il avait lu l'Arioste, il avait droit, cet auteur, à b bienveillance, à l'estime poétique, à la jalousie même du chantre de Roland. Je ne puis en dire davantage, et c'est à la fin du Capitoh quatrième et à l'original même qu'U fisiut recourir pour mieux coDB^rendre ma réserve et ces éloges.
Sans le Capitolo cinquième , il accumule , à la manière du Dante, les réflexions philosophiques sur le sort des É^tats. Là encore, des vers sont pris en partie au même poète, et les sentiments sont à peu près co-
lo Don so già cbi q«elk booca foMe;
Se Giove con sua man noo b fece egli,
Noo credo ch' altra man &rla potesse.
I denti più cbe d^avorio eran begli;
Ed una lingua vibrar si vedeva ,
Come una serpe infira le labbra e quegli , D* onde usci un parlare, il quale poteva
Fermare i venti, e &re andat la pianle:
Si loave coacanto, e doke aveva !
U collo , e il menton ancor vedeasi , e tante
Ahre bdlcBze , che forian felice
Opà mesehino ed iofelice amante.
lo non so se a narrario si disdtce
Qoe) che segtrî da poi , perocchè 1 rero
Suole spesso far guerra a chi lo dîce. Pur lo dir6, lasciaadone il pensiero
A chi vuoi biasimar , perché tacendo
Un grao piacere, non è piacere tnticro.
pies '. Il fallait ensuite apparemment, que, même dans son culte des muses, l'écrivain politique ne perdit jamais de vue ses principes, ses conseils, ses récits de guerres et de négociations. L'auteur, redevenu Machiavel, décrit avec enthousiasme les variations des empires: il cite Athènes, Sparte, Saint-Marc, l'Allemagne, Florence. Il oublie les reproches qu'il a faits au Dante dans l'écrit en prose où il n'avait pas l'excuse de la préoccupation poétique. Le voilà lui-même, Machiavel, ce juge si sévère du Gibelin mécontent, et qui a dit qu'il fallait toujours honorer la patrie, et quand elle repousse quelque citoyen, la remercier pour ceux qu*elle emploie; le voilà qui dit de sa ville natale , et presque avec les mêmes expressions que celui qu'il a insulté (si toutefois il est bien assuré, bien indubitable, qu'il a composé le discours sur le nom qu'il faut donner à la langue dans laquelle ont écrit Dante, Boccace et Pétrarque), le voilà qui s'écrie:
< Cette ville, pleine de plantes sauvages et de buissons, changeant de situation, de llÛTer à Tété, tellement qu'il
faut qu*à la fin elle se consume Celui qui lit les choses
passées , sait que les empires commencent par Ninus et finissent par Sardanapale\ »
I Cet ange d^introdiilre dam ms oomposItioiM , def paisaget de plusienn gniuU poètes de U péoiniole, est encore coiuenré anjonrdliiii en Italie. Lonqn'on lit des Ters en pablic dans des réonlons littéraires, et même quand on en commoniqne à ses amis , Tanditoire on le confident , en cela pins habile , pins jnste qne beanconp des éditeurs modernes qne j*ai blâmés précédemment « s*émeuty an moment oà il roit Tenir à Ini nn rers qni au premier abord est de sa connaissance; il le salue d*un sourire, et le récite à haute toîx, en même temps que le lecteur. Cest dans cette circonstance que j*ai remarqué combien il y a en Italie d*instmotion , de science , de sagacité et de mémoire.
> Quella citute Piena di sterpi sÛTettri e di dumi, Cangiando seggio dal Temo alla state