CHAPITRE XXVII
Ainsi, suivant l'auteur, Florence, remplie de plantes sauvages et de buissons, doit périr, parce que les empires qui ont vu d'abord le règne fortimé de Ninus, gémissent ensuite sous les abominations de Sardanapale.
Nous cesserons désormais de rien dire de Machiavel 1518. critiquant l'amertume des prédictions du Dante, puisque Machiavel lui-même, s'échauffant d'une verve semblable à celle qui a enflammé le Dante, lui emprunte, s'il ne les lui dérobe pas, ses comparaisons âpres, et jusqu'à son efiréné Sardanapale'.
On retrouve ici, en vers élégants et harmonieux, des sentiments qui ont été exprimés dans les Discorsi*.
Les États sont maintenus par le jeûne, les aumônes et les prières.
« Les prières sont bien nécessaires: il est fou celui qui défend au peuple les cérémonies et les dévotions. Véritablement, c'est avec elles qu*on recueille Funion et le bon ordre, et le bon ordre amène une fortune bienveillante et heureuse. Quil n j ait personne qui ait assez peu de raison pour croire que, si sa maison s'écroule , Dieu la sauvera sans cette aide; autrement il sera écrasé sous les ruines '• »
Tanto die al fin cooTÎen che ai conâumi.
Chi le ptuate eose kg^e» mUo
Corne 1^ imperi cominciano da Nioo B poi finifloono in Saidanapallo. » Voye» ParadisOf oant. XV.
* Discorsif liv. I, chap. XI.
3 E son ben neoesiarie V oraxioni; E matto al tutto è quel che al popol viela Le cérémonie e le me divozioni :
Perché da quelle in^er par che à mieta Unione e buon ordine e da quello Buona fortuua poi dipende , e lieta.
Quel amalgame que ces observations presqu'au verso du portrait si enivrant et si voluptueux de sa belle gardienne !
Après qu U a fait toutes ces réflexions si sages , le voyageur, qui se croit condamné à devenir un âne, entend le bruit du cor, et voit revenir sa conductrice qui lui propose de lui faire connaître en détail les bouges de tous les animaux.
Cette femme, qui toute dévouée qu'elle est ne paraît, à bien dire, du moins dans les premiers chants, qu'une sorte de Béatrix lubrique, si différente de la céleste Béatrix qui guide le Dante, conduit son voyageur dans une espèce de grand dortoir qui ressemble assez à celui des couvents. Là, chacun se trouve avec les animaux de son espèce. A main droite, sont les lions aux dents aiguës et aux ongles tranchants: quiconque a eu le cœur magnanime et courtois, a été métamorphosé en lion ; mais peu sont du pays de Florence. Ceux chez qui la rage abonde, et qui ont mené une vie grossière et violente , sont devenus des ours, et ils habitent la seconde enceinte. La troisième offre les loups vpraces et affamés; la quatrième contient les buffles et les bœufs , et « si parmi eux il se « trouve quelque Florentin, tant pis pour lui. » Celuilà qui veut avoir de la vigueur, et qui dort quand il faut veiller autour du feu, est relégué, avec les boucs, dans la cinquième enceinte: devant, derrière, on remarque des cerfs, des panthères, des léopards et des bétes plus grosses que des éléphants. Enfin, U est un lieu où chaque bête de toute espèce peut aller s'amu-
Ma uon sia alcuo di ai pooo oervello , Che crcda, ae la stia casa roTÎna, Che Dio la mW\ senz'ahro puntello, Perché è morra sotto qnella rorina.