CHAPITRE XL
çois I*' était au pouvoir des Espagnols^ eux seuk ont pu entendre ces paroles , et les recueillir. Je ne négligerai pas de les transcrire ici , parce qu'on y retrouvera les doctrines de Machiavel sur ce qu'il faut dire à la fortune quand l'adversité nous accable. Il y a en effet, sauf la distance immense des rangs, et la nature des malheurs qui est si dissemblable, il y a en effet peut-être quelques rapprochements indirects entre les dernières réflexions de l'infortuné monarque , et celles du publiciste plongé dans la misère '.
Quant â an modèle d*épée française dont lea Espagnols aanîent en besoin pour rendre imitation pins parfaite , hélas! ne comptaient-ils pas dans leurs rangs un connétable de France qoi aurait pu les aider à bien composer ce mensonge? Enfin, en aucune manière, cette poignée de sabre ou d*épée, n*a appartenu à François I*' , comme arnie de combat ; s'il en était autrement, je ne doute pas que le possesseur actuel qui est un homme fort honorable, ne la restituât k la France, eu échange de quelque digne et noble compensation. Puisque ce seraient nos armes qui auraient reconquis ce trophée de nos ennemis de ce temps - U , il devrait naturellement être déposé dans un musée français. D*autres personnes pensent que ce qui pourrait être Tépée de François l*', est une é/>ée de fer qui avait été aussi confiée au comte de Turenne, qui est comprise dans Téut B du tesument de Napoléon , et qu'il a léguée k son fils avec le sabre de Sobieski , un collier de la Toison d*or, et différents autres objets précieux. Dans ce dernier cas, cVnt été une singulière distraction de la part de Napoléon qui aimait tant les Français et qui leur avait tant d*obligâtions y d*envo7er à Vienne, dans la capitale du prince qui a été le dernier successeur d*un des titres de Charles-Quint , ce monument de la défaite d*un roi de France. Nécessairement alora , puisque la mort a enlevé si prématurément le fils après le père , cette ,épée française aurait figuré à Vienne , quoiqu'elle eàt été rendue aux français par la Fortune et par la victoire , il est vrai k la suite de combinaisons politiques qui répugnent k tout caractère magnanime et généreux: mais rassurons - nous , des malentendus, des convenances d'étiquette , des égards délicats , ou peut-être tout simplement les sentiments loyalement nationaux des exécuteurs testamentaires, ont amené , dît-on, les choses au point que tous ces objets n'ont pas été remis à la cour d'Autriche , et que probablement ils ne seront jamais réclamés par cette puissance. Cest k ceux qui ont vu en Espagne ce qu'on y appelait l'épée de François I^'', à porter k présent un jugement positif sur le fond de ces diverses questions, ' Voyes tom. I, chap. XX, pag. a54> la lettre de Machiavel k Vettori : « Je développe Ui malignité^de ma fortune, satis&it qu'elle me foule aux pieds