‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 108 sur 274 · CHAPITRE XL. ai · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL. ai

ou le daophin, et il abaDdonne ses droits sur Naples, Milan , etc. Beaucoup de personnes croient à cet accord ; beaucoup d'autres n*y croient pas par les raisons que j'ai dites ci-dessus , et moi je crois que l'empereur s'y est prêté pour empêcher les alliances que j'ai signalées, et qu'ensuite il trompera et ne les exécutera pas. Nous verrons ce qui arrivera.»

Cette lettre est datée du 3 janvier i 5îi5 (i 5îi6). 1 526,

Le i5 mars i5a5 (iSaô), Machiavel écrit à Guicciardini qui lui avait demandé son opinion sur raccord de Charles-Quint et de François I*^; il lui annonce d abord qu'il a discuté à ce sujet avec PhiUppe Strozzi trois circonstances possibles :

La première j que malgré Taccord, le roi de France ne serait pas mis en liberté.

La seconde, que si le roi était libre , il observerait l'accord.

La troisième , que le roi n'observerait pas l'accord.

Dans cette discussion , il n'a pas dit à Pl^ippe oe qu'il croyait devoir arriver à cet égard , et il avait conclu seulement que lltalie allait avoir la guerre, et qu'il n'y connaissait aucun remède.

« Actuellement que je vois, par votre lettre, le désir que vous avez, je dirai avec vous ce que j'ai tu avec lui, et d'autant plus volontiers que vous me l'avez demandé. »

Cette lettre est d'un tel intérêt et regarde si particulièrement un point important de notre histoire, que j'en rapporterai les principaux passages.

« Si vous me demandez à laquelle de ces trois choses je m'arrête (les trois suppositions ci-dessus détaillées), je ne puis me détacher de l'opinion fixe que j'ai toujours conservée, que le roi ne sera pas mis en liberté, parce que tout le monde connaît que bien même que le roi fît tout ce qu'il pourrait faire, on couperait à l'empereur tous les chemins

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qui pourraient le conduire au point qu'il désire atteindre. Je ne vois donc ni cau^e, ni raison qui suffise pour rengager à le mettre en liberté. Selon moi , il peut arriver qu'il le renvoie, ou parce que son conseil aura été séduit par la corruption (art dans lequel les Français sont passés maîtres)', ou parce qu'il verra ce rapprochement certain entre les Italiens et le royaume, ou parce qu'il n'aura trouvé aucun moyen de l'attaquer ( le royaume) sîins avoir renoncé à retenir le roi, ou parce qu*il aura cru qu'en le renvoyant le roi sera soumis à la nécessité d'observer les traités : le roi dans cette partie doit avoir été large prometteur. Je démontre de toutes les manières les motifs de haine qu'il a contre les Italiens, et les autres raisons qu'il peut alléguer pour convaincre de l'observance de sa parole. Néanmoins toutes les raisons qu'on peut alléguer, ne guérissent pas l'empereur de la maladie d'imbécillité : si le roi veut être sage , et je ne crois pas qu'il veuille être sage, la première raison est que jusqu'à ce moment j'ai vu que tous les mauvais partis que prend l'emjiereur ne lui nuisent pas , et que tous les bons partis qu'a pris le roi ne lui ont pas aidé. Ce sera, comme je l'ai dit , de la part de l'empereur, un mauvais parti de rendre le roi ; ce sera un bon parti pour le roi de promettre beaucoup, pour être libre. Néanmoins , comme le roi observera les traités^ le parti du roi deviendra mauvais , et celui de l'empereur deviendra bon. Les raisons qui feront que le roi sera fidèle , comme je l'ai écrit à Philippe , c'est qu'autrement il faudrait qu'il laissât ses fils en prison. S'il n'observe pas les traités, il faudra qu'il fatigue encore le royaume qui est déjà très-fatigué ; il faudra qu'il fatigue ses barons , et qu'il les envoie en Italie ; il faudra qu'il retourne sur-le-champ à des travaux qui , à cause des exemples passés, doivent l'effrayer; et puis pourquoi a-t-il à faire tout cela ? Pour aider l'Eglise et les Vénitiens qui ont aidé à

' Cependant , â cette époqoe , ancan Espagnol n*avait ^té sédnît par les Français , et le conseil de Cbarles-Qnînt ne pouvait pas dire qa*il n*avait pas fait ooamettre ane trahison à celai à qoi le roi de France avait confié son épée.

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