CHAPITRE XL. aaS
réputation de clémence, il se mit à la tête de ses armées , il prit Belgrade , et vengea les défaites d'Amurat II et de Mahomet II. En 1 52 2, il conquit, malgré l'héroïque défense des chevaliers , l'île de Rhodes que son père lui avait recommandé d'occuper, ainsi que Belgrade. C'était lui qui disait qu'il fallait qu'un prince sût recevoir Vune et V autre fortune d'un œil indifférent. Il avait ordonné qu'on lui traduisît les Commentaires de César ; et le spectacle des efforts que firent les Gaulois, pour repousser la servitude et combattre les calculs de génie que le général romain dut employer contre ces peuples belliqueux, n'avait pu que lui inspirer une estime profonde pour la nation qui, mélangée de Francs et d'anciens indigènes, habitait ce grand théâtre des exploits de César. La France avait depuis long-temps ouvert des négociations avec le nouveau souverain de Constantinople; François I^*" et Suleyman s'étaient montré réciproquement des sentiments d'estime et d'admiration.
Les malheurs éprouvés par le monarque français venaient d'exciter au plus haut point l'intérêt du Prince musulman. La duchesse d'Angouléme, mère du roi, n'avait pas négligé d'envoyer à Constantinople un agent fidèle, le comte Frangipani, qui avait représenté à Suleyman l'état où se trouvait la France privée de son roi , le danger que courait lltalie , et que pouvaient courir aussi les possessions de la Turquie, devant la puissance de l'empereur-roi qui avait abattu le seul concurrent qu'il pût redouter. L'agent français usa d'habileté, pour se rendre secrètement à Constantinople; il n'y développa aucun caractère public. Ayant été admis auprès du sultan , il s'acquitta de sa commission avec zèle, et Suleyman adressa à François V^ la lettre suivante, dont je dois la traduc-
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tion aux bons soins de M. Jouannin, attaché aux affaires étrangères, et premier secrétaire interprète du roi pour les langues orientales.