‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 132 sur 274 · CHAPITRE XLIII. aSy · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIII. aSy

torien, de publiciste, de stratège qui le replace comme au premier rang dans les affaires de sa patrie. Matis suivons ces observations.

rai toujours admiré la bonne foi des conseils de Machiavel. Quelque amour-propre qu'il dut souvent attacher à soutenir ce qu'il avait dit, il cédait aux circonstances, et surtout à la fortune; il capitulait froidement avec la tempête, et aucun sentiment aigre de vanité ne venait déranger, dans ses calculs, l'immobilité présente de cette logique qui ne parlait que sur le fait, qui ne se nourrissait jamais de fumée, et qui indiquait toujours, en termes clairs et nets, le meilleur parti qu'on eût à prendre.

Les Vénitiens et les Français qui accompagnaient le général de Sa Sainteté, commencent à parler de leur retraite. Celui-ci fait, de concert avec Machiavel, les plus nobles efforts pour les retenir. S'ils quittent le camp, les Florentins sont, dès ce moment, livrés à toute la rapacité et à la vengeance de l'ennemi.

Cependant Charles de Bourbon envoie au camp de 1 527. la ligue un trompette, avec des lettres pour le légat du pape, dans lesquelles il annonce qu'il a tout fait pour résoudre l'armée à la trêve, qu'il n'a pas pu y réussir, et qu'il va ordonner aux troupes un mouvement. Il prie que l'on donne connaissance à Rome de ce mouvement , afin que le pape et le vice-roi de Naples prennent d'accord des mesures pour satisfaire aux demandes de cette armée. Il annonce qu'il fera de même de son côté. ^

Jamais Machiavel, dans tout ce qu'il dit de l'an^ cien connétable de France, ne parle de ses différends avec sa patrie. Il ne le présente pas une seule fois sous ce rapport de perfidie et de trahison que lui reprochent à bon droit nos historiens. Machiavel, tout //. 17

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à sa république y ne se mêle pas inutilement des affaires des autres.

Il explique clairement ensuite qu'il n*y a plus d'espoir de trêve, et* qu'il faut penser à la guerre, jusqu'à ce que Dieu aide la Toscane, et rende les ennemis moins exigeants.

« Ainsi, Seigneurs, pensez donc à la guerre, regagnez les Vénitiens, obtenez deux que leur division qui a passé le Pô, revienne à notre secours. Pensez que cette trêve , si elle se concluait, était notre salut, mais que ne se concluant pas et nous tenant suspendus , elle est notre ruine. »

Voici à présent la vigueur du génie et l'élévation du caractère qui dédaignent les partis faibles et mesquins. Il n'y a rien d'étroit et de pusillanime dans ce cœqr et dans cette intelligence politique , toujours vigilante, toujours franche, toujours austère.

Le généreux citoyen a conseillé une paix possible. La paix rie pouvant se conclure, il ordonne presque de se disposer à la guerre.

« Le lieutenant du pape vit dans de grandes angoisses. Il rajuste les choses , il y porte remède le plus qu'il peut : Dieu veuille que son zèle suffise ! Il faut montrer à tous qu'il n'y a plus que la guerre à iaire aujourd'hui. »

Guicciardini envoie Machiavel qui, par affection pour son ami, est devenu lui-même presque un général. Il le charge de dispositions militaires relatives aux troupes de l'armée. On emploie avec confiance les braves soldats dif comte de Cajazzp. U est connu que les ennemis se sont promis de ravager Florence. Le marquis du Guast redemande de nouveau le saufconduit qu'on lui a refusé. Il le désire pour Florence et pour Rome, où il veut parler au pape. Machiavel détourne la Seigneurie, de toute idée de paix à sdOiiciter.

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