CHAPITRE XXVII. ay
sure qu'il croît , son existence est ftiagile, saos aucun doute, en comparaison de celle d'un cerf, d'une corneille , d une oie. La nature vous donna la main et la parole, mais avec cela elle vous donna aussi l'ambition et lavarice, qui effacent ces bienfaits. A combien d'infirmités étes-vous soumis d'abord par la nature , et ensuite par la fortune , qui vous promet tant d'avantages sans vous les accorder! C'est chez vous que l'on trouve l'ambition, la luxure, les plaintes et l'avarice, qui engendrent tant de peste dans votre vie que TOUS estimez tant. Il n'y a pas d'autre animal qui ait une si frêle existence, plus de rage de vivre, une peur plus confiée et une colère plus cruelle. Un pourceau ne donne pas de chagrin à un autre pourceau, ni un cerf à un autre cerfj r homme seulement dépouille, crucifie et tue un autre homme. Et comment! tu veux que je redevienne homme, moi qui suis actuellement affranchi de toutes les misères que je supportais quand j'étais homme ' ! Si parmi les tiens , quelqu'un te paraît gai, heureux et divin, n'en crois rien; moi , je vis plus fortuné dans cette fange où je me plonge et où je me vautre *. »
' Machiavel imite mdirectement Uâ , le Dnnte, qai par respect, ne yeut d*aatre rime à Cruto , qae le mot Cristo^ et le répète trois ibis en quatre passages diflTérents, an lien de cberober une antre rime* Yoyes Paradh^ chants XJI, XTV, XIX et XXXII. Mais Nicolas en faisant rimer deux fois Uomo avec Uomo a nne antre intention : H vent exprimer le mépris qne son immonde et insolent interlocuteur éprouve pour les hommes, » Abbiamo le parti Toetre superate.
In Vener noi spendiomo e brève e poce Tempo; ma voi seoza alcnna misura Seguite quella in ogoi tempo e loeo.
La nostra spede altro dbar non cnra Che il prodotto del ciel seBc'arle, e toi Voleté quel dbe non poo far aatart; Ne vi contenta «• sol dbo , quai noi; Ma per me' soddisfiir l' ingorde voglie Gite per qneHi in fin ne* regni Eei.
Non basta quel che in terra si ricoglie, Che Toi entrate alC Oceano in seno ,
!z8 MACHIAVEL.
Voilà XAsino doro de Machiavel. J'ai cité les derniers vers de cette pièce qui n*a pas toute la célébrité qu'elle mérite. Si l'on a pu douter du talent de l'auteur , je pense qu'à présent on doit être désabusé. 1518. Quelques écrivains ont prétendu que Y Ane dor de Machiavel était emprunté AçXAne dor de Lucius, qui nous a été transmis par Lucien, et de la métamorphose^ ou VAne d'Apulée qui traita ce sujet en même temps, ou peu de temps après Lucien. La vérité est que Machiavel a seulement emprunté le titre de YAne dor y et avec le titre, une simple donnée de ces deux poèmes anciens, qui se ressemblent beaucoup. A quelques détails près, surtout dans Apulée, l'emprunt s'est
Per potenri saziar délie sae spoglie.
Il mio ptrlar mai hod yerrebbe meno,
s* io Tolessi mostnur , corne infelici
Voi siete più oh' ogni animal terreno.
Noi a natura siam maggiori amici,
E par che in noi più sua Tirtù dispensi ,
Fkcendo voi d* ogni sno ben mendid.
8e Tuoî questo yedcTy pon mano a* senti ,
E tarai (itcilmeote penaato
Di quel, che forte or pel contrario penti. L*aqaila Toocliio, il can* roreodiio e 1 nato
E *1 gmto ancor potsiam migiior mottrarri,
Se il tatto a Toi più proprio t' è rimato; n quai ▼* è dato non per onoranri.
Ma toi perche di Vener V appetito
Doveste maggior briga e noia darvL Ogni animal tra noi natce yettito,
Che *1 difende dal freddo tempo e crudo
Sotto ogni delo , per qualunque lito.
Sol natce Tuom d'ogni difeta ignudo,
E non ha cuoio, tpine o piume o toUo
Setole, o tcaglie, che gli fiiccian tcudo. Dal pianto il viver tuo comincia quello
Gon tuon di voce dolorota e roca ,
Tal ch* egli e miserabile a vedello.