CHAPITRE XLVI. a
pëchéâ à frère Mathieu qui Fa assisté jusqu'à la mort. Notre père nous a laissés dans une grande pauvreté, comme vous savez. Quand vous reviendrez, je vous confierai beaucoup de choses de bouche. Je ne puis actuellement vous rien dire autre que de me reconunander à vous. i5a7. Votre parent j Pierre MachiaçellL »
Il laissait de sa femme Mariette Corsini, avec la* quelle, quoi qu'on ait dit; il a toujours vécu en bonne intelligence, cinq enfants : messer Bernard, Louis, Pierre, chevalier de Saint-Jean-deJérusalem , Guide, ecclésiastique, et Baccia', mariée à Jean de Ricci, dont la famille existe encore de nos jours.
Il était d'une taille ordinaire, d'un tempérament faible que tant de courses à cheval ont dû encore beaucoup fatiguer, sujet à de fréquentes incommodités d'estomac, de couleur un peu olivâtre, comme le Dante, d'une figure animée et vive, où l'on voyait l'élévation de son génie et de son cœur. Dans la conversation il se montrait agréable et franc. Il était officieux avec ses amis; il recherchait les hommes d'esprit, il avait la repartie prompte. Nous avons rapporté celle qu'il fit au cardinal d'Amboise*. En voici ime autre. Claude Tolomei , Siennois , discutait avec lui sur la question de savoir si les hommes étaient plus savants à Sienne qu'à Florence. Tolomei dit : « A Floc( rence , les hommes ont moins de science et sont « moins savants qu'à Sienne , en vous exceptant ce- « pendant. » Machiavel repartit : « A Sienne, les hom- « mes sont encore plus fous, sans vous excepter. »
On lui demandait ce qu'il pensait de Bembo , Yé-
I Bacàa est le dîminatif de Bartolomea; on a va qu'on rappelait aussi Baecina. On dit avec raison qoe les parents de Machiavel , qoi peuvent encore exister acqonrd*hni , descendent tous de Bartolomea.
* Voyez tom. I, chap. XXII , pag. 292.
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nitien, enseignant aux Florentins la langue toscane : « Je dis ce que vouç diriez vous-même, si un Florentin « enseignait la langue vénitienne à un Vénitien. »
Pour connaître enfin toute la vivacité de l'esprit de Machiavel, il suffit de lire ses comédies où l'on trouve tant de traits assaisonnés du meilleur sel attique , ses lettres qui sont souvent si piquantes , et si joyeuses, son conte de Belphégor, et les Capitoli per una bizarra compagnia.