‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 166 sur 274 · CHAPITRE XLVII. 3a · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVII. 3a

nais de dévoiler ses secrets, et de l'abandonner ainsi nu en

présenoe des peuples malheureux Tel fut le but de cet

honune très-distingué, pour parvenir à instruire les peuples sous lapparence de principes généraux '• »

L'Ancooitain reproduit ici le sentiment qui régnait à Florence, lorsque le cardinal Polus ayant reproché aux concitoyens du secrétaire l'iniquité de ses maximes , les Florentins avaient répondu qu'il avait voulu, non former et instruire un prince, mais représenter un tyran. Ce titre de Traité du Prince attribué à XOpus^ cule des Principautés y vraie conception, primitive pensée de Bfachiavel, ce dont Bonacorsi rend un fidèle témoignage *; ce titre, donné peut-être depuis par l'orgueil des Médicîs qui , en attendant un trône qu'ils pouvaient avoir mérité, mais que l'opinion et des alliances encore citoyennes ne devaient pas leur assurer sitôt, ont pu chercher à se mettre sur une ligne égale avec des princes de France et d'Espagne' ; ce titre a été la cause de beaucoup de mal entendus. On voit dans Gentillet que ce livre s'appelait de son temps. Le Prince y ou De la Principauté; un des titres a dévoré l'autre, et voici les conséqu^ices de cette confîi-

> MmchiopeOms Jemocr&Hm Umdator et adaeHor actnimus, natus^ educatus , honoratus in eo reipublicœ statu , tpxamiMs summe inimicus. Itaque tjrranna non favet, Suî proposUi non est tjrrannum uutruere , sed arcanis ejtts palam

factis^ îpsum miseris populis nudum ac conspicuum exhibere Hoc fuit viri

prtMtamtiuimi eûMsiiium , ut, sub specie gentralls sraditionis , poptdos instruertt.

> Voyes plofl huit , cbap. XLVII, pag. 289.

3 Voyez tom. I , chap. XXIV , pag. 890. MacbUvel faisait déjà assez, en dédiant i an citoyen de la république on lÎTre snr les Principautés. 8*11 emploie le nom de prince, ee nom signifie premier des citoyens. Je ne sois pas con- Tainca davantage par le paaaage des Diseorsi , IÎ7. III , chap. XLII : // che se è cosa laudabile o no, o se da un principe si debbono osserçare simili modi, o nOf ùtrgamente è disputato da noi nel nostro trattato del Principe , pero di présente lo tœeremo. On a pn facilement mettre del Principe an lien de de^ Principati, et controoer Terreirr avec intention.

ai.

aa4 MACHIAVEL,

sion. Dans un ouvrage adressé à un vrai prince, si on lui dit de gouverner pour son avantage y de mentir, de fausser sa foi , etc. , il est certain qu'on peut être accusé de l'avoir excité à être un méchant , un ^rran enfin. Dans un ouvrage intitulé, Des Principautés ^ on a beau conseiller les mêmes forfaits, on donne des leçons au pouvoir , on parle au grand nombre, ou au petit nombre, on ne peut pas sortir d'une question d'intérêt politique collectif. On discute les avantages de l'état, de la commune, on enseigne à une société avec plus ou moins de délicatesse à conserver le sien, à l'augmenter, à ne pas perdre, à se faire honorer , respecter , craindre , à ne pas périr : dans l'un et l'autre cas , tout ce qui est conseil inique est à repousser; mais prétendre que, s'adressera un prince seul^ par exemple, ou à des gouvernants dans un système de république, c'est absolument la même action, je ne le crois pas. Je ne veux établir que cette thèse entièrement circonscrite et distincte. Si le titre Des Principautés eût survécu, il est évident que, d'une part, on n'aurait jamais accusé Machiavel d'avoir formé un tyran (il faudrait dire au moins des tyrans); et que, de l'autre, on n'aurait pas pensé, comme les Florentins qui se querellaient avec Polus , et comme Albéric Gentile , à dire pour excuser le secrétaire : et Vous vous méprenez, il n'a pas voulu former un ty- « ran, il a voulu malignement parler en contre-vérité, « et dans ce prétendu prince, il a dépeint un tyran <c qu'il livre à vos coups. » Tout se serait borné à ces réflexions : Machiavel dans ses Principautés s'occupe de matières qu'il ne faut pas mettre en discussion. Il assemble, à propos de rien, et dans des circonstances ordinaires, un conseil où il traite des questions dont l'examen doit être remis aux jours de deuil, de ruines

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