‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 174 sur 274 · II · texte numérisé non relu

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rimpîe abuse de la religion , que le perfide n'a point de foy, que lambitieux n*a pas de bornes , que le trompeur n'a pas de lois que ses intérêts , que les tyrans sont plustost des bourreaux que non pas des roys ny des pères du peuple , il ne conclut pas pour cela que toutes sortes de princes et de politiques vertueux, et craignant Dieu, en doîbuent faire de mesme; au contraire, il abhorre l'irréligion , il reiettela per^ fidie, il ne peut soufiiir l'ambition desr^lée^ et condemne partout le vice, la cruauté et la tirannie. Il blasme' et déteste la calomnie et la médisance auec plus d'aigreur et de séuérité que non pas les pères de l'Église les plus austères et les plus retenus; il eslèue la religion* et la j^iété par-dessus toutes choses , il en fait la base ^ et l'unique appuy des royaumes et des estats, et monstre^ par un discours cfarestien et pieux que les Romains n'ont aggrandi et conserué leur empire que par elle. Il veult que les crimes ' et les forfaits soient punis exactement et vigoureusement, quelque grande recommandation et quelque mérite que le délinquant puisse auoir d'ailleurs , condemnant le meurtre qu'Horace commit sur sa sœur qui pleuroit la mort des Curiaces , qu'il venoit de tuer à la teste de deux armées puissantes. Il sousdent^, contre l'opinion de Plutarque et de Tite-Liue, que la vertu a plus fauorisé l'empire romain que non pas la fortune; il ordonne^ des peines contre les iniures, et tesmoigne qu'il ne les peult souffrir en Êtçon que ce soit; il veult' que les vainqueurs soient modestes, et discrets dedans leurs victoires; il defFend et protège puissamment^ la liberté des peuples et la conseruation de leurs biens et de leurs priuiléges. Bref,

s Diseoni, liv. I, chap. VIII.

a/</.,liT. lyohtp.II.

3M,liT. I, chap. XII.

4 M, liv. I^chap. Xni.

« Jd., Ut. I, chap. XXVHI.

«/<i,Uv. n,chap,I*'.

7 M, liv. II, chap. XXVI.

«M,Uv.II,chap.XXVU.

9 M, liv. III, chap. V.

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