CHAPITRE XLVIII
livre manque tout-à-&it, et de plus le manuscrit, malheureusement incomplet , ne s'étend que jusqu'à l'examen de la maxime sept des DiscorsL Cependant , tout en parlant des propositions renfermées dans les Discorsi, l'auteur examine déjà en passant quelques doctrines du livre dit Du Prince. Successivement ' le président Gentillet est réfuté avec beaucoup de force.
« II ne faut que sçauoir lire pour connoitre si Machiauelle enseigne et sousdent qu'un prince doibt entretenir les séditions et les dissentions parmj ses suiets pour le bien de son estât, sans s*en rapporter à la calomnie et mauvaise foy du président Gentillet qui, en ses discours contre cest autheur, rapporte ses parolles tout aultrement quelles ne sont , les accommode à la passion de sa censure , et les altère et corrompt pour fauoriser le dessein quil a de donner atteinte à ce grand et iudicieux politique, auquel il preste des erreurs pour auoir suiet de les réfuter. De quoj Ton s'estonnera d'autant moins, quand on le sçaura estant l'un des principaux réformateurs prétendus de FÉglise orthodoxe , et un faidteur des plus considérables de ceux qui , pojir contenter leur caprice, et fauoriser la douceur et le libertinage de leur religion , aiment mieux accommoder TEscripture saincte à leurs opinions , que non pas sousmettre leurs esprits à Tinfaillibilité de son sens , et de ce qu'elle contient. »
L'anonyme prouve que Machiavel n'a pas conseillé d'entretenir la division parmi les sujets d'un état. Celui-ci a écrit, il est vrai, que les inimitiés entre le peuple et le sénat de ïlome, ont définitivement été avantageuses à la république.
« Ce qu'il faut réduire (pour les états actuels) , comme fait nostre autheur^ à l'émulation et jalousie que les corps et of* ficiers ont les uns contre les autres pour le bien public, mais non pas aux divisions et dissentions générales qu'ils
' Pag. i3 da maoïitcrit.
forment el qu'ils praticquent, te ralliant et s'unissant tous ensemble pour former un party , faire sédition dedans Testât, et se rebeller' La communauté de gens est semblable à une voûte qui ne peult subsister si les pierres ne se serrent et ne se ioignent toutes ensemble. Ainsi quand les chefs du peuple sont divisés, ils ne peuuent rien entreprendre contre le souuerain ny contre un estât, tesmoing la guérison de nos dernières barricades des années 1648, 1649 et suiuantes *• Societas hominumfomicatiom lapidum simili lima, quœ^ casura nisi inpieem obstarenty hoc jpso conii^ netur*. •
L'anonyme examine * six propositions distinctes de Machiavel qui a dit :
i*^ Que la religion est l'appui des états;
a® Que le mépris de la religion est la ruine des états;
y Que la religion retient les sujets dans le devoir;
4® Que les princes temporek ne doivent pas Ji4ger de la religion, ni la réformer;
5** Que les princes chrétiens ont moins* de religion que les païens;
6® Que la religion se corrompait et s'altérait de son temps , au lieu de s'augmenter et de se perfectionner.
L'anonyme appuie les opinions de Machiavel, des témoignages de Platon, de Plutarque, de Philon, de Xénophon, de Cicéron , de Quinte-Curce, de Tite-Live, parmi les anciens ; et, parmi les modernes , des témoignages de l'avocat-général Cappel, de Papon,deBodin, etc.
Machiavel ensuite est appelé à défendre sa propre
> Pag. 17 du manoscrit.
'Pig. 18.
^La aodéU des hommea est semblable k la TOÀte qui, prête à tombée, si les pierres ne s'y opposaient ensemble, par cela seol est contcoue. Sénèqm, ép. 97.