‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 187 sur 274 · CHAPITRE XLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIII

£n effet, PuffeDdorff, dans son Droit de la naUire et des gens ', semble prendre à tâche de réfuter Hobbes : il réussit complètement à montrer tout ce qu'il y a de funeste dans la doctrine de celui-ci sur l'athéisme ^.

11 était impossible que l'historien de Gustave Adolphe n'eût pas lu attentivement un historien son prédécesseur, et l'un de ses maîtres sans doute dans cette science si difficile ; aussi Puffendorfï , en gardant le silence presque toujours sur Machiavel auteur du Uvre des Principautés j cite une fois Machiavel historien. Voici ce qu'il déclare à propos du serment ^ qu'on aurait fait à un corsaire; il dit en étendant un peu les propres paroles du Florentin, pour contredire Grotius:

< Un tel homme, par cela seul qu* il fait le métier de corsaire (aujourd'hui, pour parler plus rationnellement, nous àmons pirate) ^ se déclare formellement athée. Il est encore moins digne de tirer quelque protit de la religion et de trouver de la protection dans la sainteté du serment : par la même raison , la prudence ne permet pas de se fier aux serments de ces sortes de gens, car, comme la remarqué Machiavel, « du moment que les sentiments de religion et m de crainte de Dieu sont éteints dans le cœur des hommes, « îk ne tiennent compte de leurs serments et de leurs pro- « messes qu autant qu'ils y trouvent leur avantage; et quand « ils jurent, ce n*est pas à dessein de tenir leurs serments, < mais en vue de tromper plus facilement les autres. Ainsi,

des bîbliothèqnei de capitales, et à im petit nombre d^amis. La dachesse, quand elle a été surprise par b mort, allait publier les cent cbants de la Z>/ptme Comédie da Dante, avec cent gramres; et elle arait ordonné de mettre en r^rd U tradaction en francs, qui arait été publiée à Paris de i8ii à i8i3. J^ai cni deroir parler ici de la dachesse de Deronsbire, parce qne c*est elle qni , dans nn grand nombre de conversations , m*a engagé à composer ToaTrage qne je publie aujonrd*bni sur Macbiavel.

■ Voyez cet ouvrage traduit par Barbeyrac. Paris, a toL in«4% 17S4.

'Tom. I, même tradaction, pag. 4o5.

^ Tom. I , pag. 543.

« plus la tromperie réussit sans peine et sans risque, et plus « ils s en félicitent comme d*un glorieux exploit '• »

Certainement Machiavel n'est cité ici par Puflfendordf que dans une intention obligeante.

Puffendorff entre encore plus avant dans les sentiments de Machiavel. Au sujet de cet axiome de Hobbes « Le droit du glawe est le plus grand pouvoir « qu'un homme puisse avoir sur les autres, et celui « qui punit légitimement , selon qu'il le juge à propos, « a droit de contraindre tous ses sujets à faire ce qu'il « veut », il dit :

< Il faut ajouter cette restriction , que le souverain ne peut légitimement vouloir autre chose que ce en quoi la droite raison £adt voir quelque rapport avec le bien de TÉtat*. »

Dans son chapitre des Devoirs duSouveraiUy Puffendorff offre une foule de préceptes utiles-tirés en partie de Machiavel. Il prescrit de s'entourer de personnes prudentes^, habiles et expérimentées dans les affaires, et d'éloigner au contraire les flatteurs, les bouffons et autres gens dont tout le mérite consiste dans quelque art qui a pour objet des choses frivoles et de pures bagatelles. U veut que le bien du peuple soit la suprênte loi. Il exige la religion qui « renferme une « morale très -parfaite , dont les maximes suppléent « au défaut des lois qui ne peuvent pas toujours, sans <c quelque inconvénient, défendre et punir tout ce qui « est contraire aux devoirs de la vie civile. »

Comme Machiavel, Puffendorff parle des ministres du roi , et il détaille les qualités qui leur sont nécessaires.

Machiavel a manifesté, comme nous l'avons vu,

> Isiorie, Ut. m, édit. de PMtigli, pag. 38. * PiifTendorfr, tom. Il^pag. 319.

^Tom. U,pag. 414.

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