‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 190 sur 274 · CHAPITRE XLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIII

« Il faut avouer que Thucydide et Xénophon , parmi les Grecs, Salluste, Jules César, Velléius-Paterculus et Tacite, parmi les Romains, ont un génie que Ton ne rencontre pas parmi les autres historiens de ces deux peuples. Il n y a rien de si solide que le récit naïf de Philippe de Comines. L'histoire du concile de Trente, de Frà-Paolo, peut être mise en parallèle avec tout ce qu'il y a de plus fort dans Thistoire ancienne. L'esprit de Nicolas Mackiai^el paraît dans tous ses ouvrages , mais son HistoU*e de Florence est une production de son jugement '. »

IjC même écrivain, en 1681 , va plus loin , et dit comme tant d'autres avaient dit avant lui :

« Il est à supposer que Machiavel écrit ce que les princes font, et non ce qu'ils devraient faire. S'il y mêle quelquefois des maximes qui paraissent incompatibles avec les règles de la religion chrétienne, il le fait pour démontrer comment ces maximes servent aux tyrans, et non pas pour conseiller aux princes légitimes de les mettre en pratique*. »

Locke, ce génie pénétrant qui, en 1690, demandait déjà la réforme dont on parle tant aujourd'hui, s'accordait avec Machiavel enseignant que le souverain devait accommoder souvent les actes du gouvernement aux nouvelles circonstances. Locke, à propos des élections du parlement, parlait en ces termes :

« Il serait aisé de voir combien grandes peuvent être tes absurdités dont serait suivie l'observation exacte des coutumes qui ne se trouvent plus avoir de proportion avec les raisons qui les ont introduites. Il est aisé de voir cela, si l'on considère que le simple nom d'une fameuse ville, dont il. ne reste que quelques masures au milieu desquelles il n'y a qu'une étable à moutons , et où ne se trouve pour habitants

■ Mémoires toachant les «mbtssadeurs et les ministres publics. Cologne, 1677, in-xS,pag. 434.

* L'ambassadeur et ses fonctions» La Haye, 1601, iD-4°.

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