‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 191 sur 274 · II. a · texte numérisé non relu

II. a

qu'un berger, fait envoyer à la grande assemblée des législateurs autant de députés représentatifs que tout un comté , infiniment plus puissant et plus riche, j en envoie. Les étrangers demeurent tout surpris de cela, et il nj a per* sonne qui ne confesse que la chose a besoin de remède '. »

Le remède n'a été apporté à ce mal que l'année dernière. Locke avait parlé en vain pendant il^o. ans. Machiavel ne devait pas être plu» écouté que lui. Ce rapport d'opinions qui a existé entre le philosophe Anglais et le secrétaire Florentin , n'est pas le seul qu'on puisse remarquer dans les ouvrages de ces deux écrivains. Locke , se tenant à une certaine distance de Hobbes , ne veut pas rompre avec lui , et c'est à peu près sur le terrain de Machiavel que doit combattre celui qui ne veut pas tant s'approcher de Hobbes. C'est ainsi que l'auteur de V Histoire de Florence y et l'auteur de \ Essai sur C entendement humain se rencontrent, quand, dans ces deux compositions, et dans les autres qu'ils nous ont laissées, ils parlent de l'état de guerre, du pouvoir politique, des conquêtes, de la tyrannie, et de la dissolution des gouvernements. Locke seulement est plus calme que Machiavel; il n'a pas cette repartie rude que le Florentin se fait quelquefois à lui-même. Surtout dans le chapitre de la dissolution des gouvernements que je viens de citer, Locke manie avec une grâce singulière une sorte de plaisanterie fine. Il parle de ceux qui se révoltent avec ménagement. Il dit qu'un homme qui concilie si bien les coups et la révérence, mérite, pour ses peines et son adresse , d'être bien frotté d'une manière civile et respectueuse, dès que l'occasion se présentera, et à ce

X Traité du gouvernement civil, de Locke , traduit fu fran^is, Brusellcf , 1754» in-fa, pag. i«6.

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