‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 196 sur 274 · CHAPITRE XLIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIX

dès le principe , la conséquence qui dérive de ses préceptes, et observez les rivages de cette source impure ; il en résulte que tout ce qui plait est permis. Aucun lien ne peut enchaîner un roi y et nul parjure n est criminel. Une cause imaginaire peut aisément offrir le moyen de violer un traité; on peut se couvrir du manteau de la justice, pour s'excuser : si Ion ne peut découvrir un prétexte , si l'apparence du droit et de la justice manque absolument, et que vous ne puissiez supporter l'ennui de la paix , souvenez-vous de vexer les royaumes voisins par des fourberies , et ne craignez pas de vous exposer à des opprobres jusqu'à ce que les rois que vous aurez attaqués soient contraints de prendre les armes. Que vos propres sujets vous craignent ! Accueillez gatment le nom de tyran , et ne vous tourmentez pas pour faire succéder l'amour à la haine. Que les nœuds de l'amitié soient chassés loin de votre cour! divisez ceux qui sont unis; semez les germes d'une guerre perpétuelle , et faites que les efforts de l'un soient incessanunent combattus par ceux de l'autre! Vous demandez à quoi sert la religion P les rois n'en doivent avoir aucune. Chacun d'eux ne doit avoir pour dieu que son intérêt. L'or est la plus noble des divinités qui gouvernent l'univers. Ce sont là les préceptes et les règles qui doivent plaire à un prince bien élevé '. »

> Toici les Tera de Meyer :

Impia prœeipue dùeuntêntûy Hèrosqut noeffUe* Et Màchlapetlum , stfgiujue voluihina momtri Horrtat, a tenerb , pHncéps .' Perfttsa iwieno Pagina j coniemptrixqtée Dei , rerumque stutwttm , Quod licitum vettiumpe^ probet vel damnei Olfrmpnê, Nil curare dûcwt. Née honetti gloria mordetf Sed thahmo vitiitm et virttu sociantur eodem. Unius hic curam {quasi ntdlus in œthere vindex Bit super^ atque animœ fato toèMuUur im auras ) Utilitatis habet^ prœsentisque omnia vitœ ^ Metitur spatio, ventmraque seculm ridet.

Principio late qum dein prmeepta sequantur Digna tfide, ripotqtse imptsri reqneefontis: Nempe licet quodcumque jupat. Non vinoula regem

38o MACHIAVEL.

Les vers du P. Meyer sont très* bien faits. On y remarque de la vivacité y des tours de bonne latinité , du feu y de la colère , mais en même temps une partialité qui n'est pas raisonnable. Meyer ressemble à un de ces juges vendus, qui se sont fait une opinion d'avance , et qui , après avoir lu dans l'instruction d'un procès quelques pièces qui chargent indubitablement l'accusé , ne veulent plus voir le reste : partant des premiers motifs de culpabilité j ils condamnent ensuite sur tous les points , sans écouter ni l'accusé , ni le défenseur. Nous n'avons jamais entendu excuser tout Machiavel Encore une fois ure, seca.... reliquum

UUa iigare wUenif nec haèent perfuria crimen :

Causûque sefacilu violandi fœderit offert ,

Ficta licet: varia qttam obvolvere jwis amictu

Conçeniet, Si mdla subit, si déficit omnis

Justitiœ, jurisque color, neque teedia pacis

Ferre i^ales, 'vicina Jolis vexare mémento

Regnm, nec opprobrUs dubita proscindere, donec

Arma lacessiti cogtuUur sumere reges.

Te propriœ timeant gentes, nomenque tjranni

Lœtus ama , nec amore animas vincire laborts !

Nexus amicitiœ scissa procul exulet atda !

Divide concordes animas , sere semina Hxœ

Perpetuœ, altemisque alius conaHbus obstet!

Qiueris religia quœ prœstetP NuUa tenenda

Regibus, Est sua cuique deusfortuna: nec aura

Nobilius tato daminatur in œthere numen.

Scilieet hœc iUa est species et forma politi

Frincipis

Trouièrae diant do poème de lÀpinus Meyerus, imltolé : De Insdtutiome Principis, pag. i83. Livini Mejrerii Poematum libri XII. Bruseellis, 17S7, in-is.

Le P. Meyer a faii aotti 00 poème sur k colère, de Ira, qoi eti fort ettûné. AiiTert, 1694, m-4*.

J'ai re^ encore d*aatrea informationf importantea de Bi. de Eetflenbciy , et je loi rendi mille grAcet des relatioDS de bîenveiUaDce qo*fl oontinoe d'entretenir avec moL M. de EeilTenberg t'eat rendn k jamais eëèhn par aoo excellente histoire de Tordre de la Toison d'or.

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