‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 202 sur 274 · CHAPITRE XLIX. 3gi · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIX. 3gi

a échauffé le zèle du prince royal de Prusse, que nous allons voir saisir une massue et s'assurer d'un allié puissant, pour combattre à toute outrance le Florentin?

Mais pendant les indiscrètes réclamations de Radicati, qui s'était moqué à la fois de l'accusé et de quelques-uns des accusateurs, on faisait circuler en Yalachie l'attaque d'un adversaire placé sur une sorte de trône, commandant assez despotiquement aux sujets confiés à son autorité , et qui venait d'inculper aussi Machiavel.

£n 1737, les agents allemands à Bucharest envoyèrent à leur cour des copies manuscrites d'un ouvrage composa, il y avait déjà quelque temps (vers i5i6) par Nicolas Maurocordato, premier drogman de la Porte-Ottomane, puis hospodar de Valachie. Cet ouvrage écrit en grec ancien était intitulé : ^XoOiou irapepya, les Hors-d^ œuvre ^ ou les Loisirs de Philotheûs. L'auteur y parle de Machiavel en ces termes :

« Je lis aussi les ouvrages d*Aristote sur la politique , et ) y parcours, pour ainsi dire , les ruines des anciens gouvernements; mais j'ai pitié à\x politique de Florence ^ qui a cru que tout ce qui était rapporté par Aristote ne suffisait pas pour rendre tout-à-fait vicieuse Fâme d'un tyran , et qui , par ses mémoires impies , a ouvert de nouvelles routes à la méchanceté; et s'est très-grossièrement procuré par là, après bien des sueurs , une honte ineffaçable '• »

* Àya^ivctoxM ^i xod xk iroXrruca toO if toror^XouÇy xal vtptirifOÛfMU irap' c6m rà iptiirtfty 6K '^^ tîitttv, tûv iraXaMv iroXiniâv. ÉXfw ^i tov iirô ^X«ipfvTiac iroXtrwôv oôx ifrpao^favov Uocvà rà irapà ÀpioToriXci (XYDfAOvcuofuva tii (&ox^p(«v ouvxporômci Tupawtxi^ l'^'X^» ^^' dvooioïc &)ro(&vi](Aa9i irpoo^porouc xaxCac 6^obc TOfLovra xftl iroXXcIc ^pû^v àvtÇotXttirra 6vt(^D iouTÛ iràvu oxatwç irptd^tvov.

L*ooTnige de Maurocordato « on il est certain qn'on remarque beanoonp d*ctprit,ae trouve en manuscrit de la main de rantenr, k la Bibliothèque du roi, B^ a 108. Il a été imprimé , pour la première fois, à Vienne, en 1800 , par les soins du savant diacre grec Grégoire Consuntas , Thessalien. Je dois b com-

Ce livre avait été composé par Maurocordato pendant les loisirs d'une captivité à Carlsbourg , où il était détenu par ordre du cabinet de Vienne. On a un peu de peine à accorder ces opinions de philosophie avec la conduite que Maurocordato avait tenue lui-même dans son hospodorat, où on lui reprochait des actes d'une grande violence qui pouvaient avoir été ordonnés par les Turcs, mais qui n'en étaient pas moins odieux : tout en prenant ces sentiments comme un acte de repentir, il n'en est pas moins vrai de dire qu'Aristote devait être ici blâmé davantage, surtout par une personne qui le comprenait mieux qu'un autre, d'avoir ouvert le chemin à Machiavel. Car.Aristote s'il dit souvent à un prince, « ne sois pas un tyran, » lui dit aussi plus souvent encore , ce si cependant tu es tyran, et si tu veux sauver ta tyrannie, fais ce que je vais t'enseigner. » Machiavel fort imprudemment sobre de tous les correctifs, suit Aristote dans cette dernière voie de conseils ad sahationem tyrannidis. 11 a fait mal, surtout dans son chap. XVIII, il a fait très-mal , il doit être repoussé ; mais il a parlé le langage de son siècle, et la honte ne doit pas êtreineffa* cable ^ parce que cet auteur trouvant dans les anciens écrivains des modèles incomplets, et vicieux jusqu'à un certain point , n'en a pas moins adressé au pou^ voir^ qu'il prétendait aussi instruire , des leçons d'humanité, de courage, et jeté, par son horreur pour la rétroactinté et les spoliations j générosité inconnue de son temps, des germes de civilisation qui ne devaient jamais périr.

mamcation du passage qae j*ai cité , et qui se trouve dans l'éditioD de Tienne , pag. 56 y à M. Nicolo - Poolo, né à Smyrne, employé à la bibliothèque de rinstJtnt» et qui joint à la connaissance parfaite de sa langue maternelle , une foule d'autres connaissances variées dans notre littérature.

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