‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 209 sur 274 · CHAPITRE XLIX. 4o · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIX. 4o

vel n'y a pas pensé , voilà bien ici un héros dont les premiers succès n'ont pas porté de fruits. Borgia est bien un de ceux qui n'ont pas réussi à fonder un état. Malgré cela Machiavel aura pour sa récompense d'être appelé ici le docteur de la scélératesse. Que nous restera-t-il à dire au chapitre XVIII des Principautés?

Dans le chapitre VIII, Voltaire a un beau moment d'indignation, et je reste avec lui de toute mon âme.

On trouvera, sans bien chercher, un autre éloge de la république au chapitre IX de Voltaire. Mais Frédéric dormait-il quand il donnait ces approbations périodiques aux doctrines de son associé?

Machiavel dans son chapitre X n'a pas dépeint les villes impériales d'Allemagne telles qu'elles sont aujourd'hui. Quel oubli! Quelle infidéUté! Ces villes qui ont tant dégénéré! Mais que pouvait voir, en i5o8, celui qui vivait cette même année ' ? Il ne pouvait pas connaître ce qui a existé en 1740, où les villes impériales tremblaient au moindre signe du cabinet de Vienne. Avaient-elles aussi moins à craindre de l'ambition du père du correspondant, ou ensuite du correspondant lui-même ?

Nous voyons avec peine dans le chapitre XI de Y Anti- Machiavel des calomnies contre Léon X. Frédéric, et Voltaire qui corrigeait Frédéric , n'avaient pas trouvé ces calomnies même dans les écrivains protestants. Ceux-ci ne parlent pas si hostilement de ce pontife *.

Si aujourd'hui et du temps de Voltaire, les armées se trouvent composées à la fois de nationaux et de mercenaires, qu'est-ce que cela peut prouver contre

< Vojei, tom. I, chap. XIU, pag. 169.

a Voyes, tom. I, chap. XXm, les opinions de Leibniu, de Pope, de Roberison, de Eoscoë, pag. 86 et sniv.

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la doctrine excellente et patriotique du secrétaire ire* lativeinent aux troupes mercenaires? Toute la gloire militaire de beaucoup de grands souverains est due et sera due long-temps à cette doctrine du chapitre XII de Machiavel. Mais il y a là quelque pensée prussienne sur le secours qu'on pourrait tirer des troupes de la Hesse, et de ces recrutements faits à tous prix en Hollande, en Suisse et même en Alsace, qui ont donné de si vaillants auxiliaires et ces bataillons de géants , aux armées de l'ancien marquis de Brandebourg. Voici la preuve de cette assertion :

K II y a un roi du nord dont rarmée eal composée de cette sorte de mixtes , et qui n*en est pas moins puissant ni moins formidable. »

Il était impossible cependant que Voltaire ne fut pas quelquefois de l'avis de Machiavel, si par hasard ce grand génie qui avait la prescience, qui sondait si profondément le cœur humain , et qui connaissait tant de secrets, se trouvait avoir dit une chose qui fïit applicable au grand Frédéric. Machiavel ayant eu cette bonne fortune, Voltaire l'en remercie.

« Quant à la manière dont un grand prince doit faire la guerre, ye me rangé entièrement du sentiment de Machiapel. Effectivement, un grand prince doit prendre sur lui la conduite de ses troupes , rester dans son armée comme dans sa résidence. Son intérêt, son devoir, sa gloire, tout l'y engage : comme il est la base de la justice disti-ibutive, il est également le protecteur et le défenseur de ses peuples ; il doit regarder la défense de ses sujets comme un des objets les plus importants de son ministère, qu'il doit, par cette raison , ne confier qu'à lui-même. »

Pourquoi faut-il que Voltaire ne se trouve grand, vrai, logicien, et inattaquable, que quand il raisonne dans l'intérêt de son prince? Pourquoi, hors de cet

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