CHAPITRE XXVIII. 4i
avoue seulement le bienfait , mais sans le récompenser; de la seconde, que Thomme oublie le bien reçu et le nie, mais sans injurier; il résulte de la troisième, que Thomme ne se souvient pas du bien , ne le récompense pas, mais, qu'autant qu'il est en lui, il attaque et déchire le bienfaiteur.
« Ce dernier coup pénètre jusqu'à Tos : cette troisième blessure est plus mortelle. Cette flèche arrive avec plus de force ; le mal acerbe qui en naît ne s'éteint pas : s*il meurt une fois , il renaît mille fois , parce que son père et sa mère sont immortels '. »
On a vu que Machiavel a dit que llngratitude, fille de l'Avarice et du Soupçon , vit dans le sein des princes et des rois; il paraît qu'il n'entend pas excuser les peuples. U ajoute:
« Et, comme je Tai dit, elle triomphe , ringratitude, dans le cœur de tout être puissant, mais elle se délecte bien plus dans le cœur du peuple quand il est maîti*e. Avec lui , on est blessé des trois flèches plus cruellement, parce qu'il arrive que là où on sait moins, on soupçonne davantage. La multitude, pétrie de toutes sortes d'epvies, tient le soupçon éveillé y et garde sans cesse les oreilles ouvertes aux calomnies. Il en résulte qu'on voit souvent qu'un citoyen probe moissonne un fruit contraire à celui qu'il a semé dans le champ '. >
> Questo oolpo trapassa dentro «ITossa; Questa tena ferita è più mortale; 'Questa saetta TieD con maggior possa.
Ma non si spegne queslo acerbo roale ; Mille Tolte rinaace, 8e una more.
Perché suo padre e sua madré è immortale. * E come io dissi, trioofa nel core D'ogni potente, ma più si diletla Nel cor del popol, quando egli è signore. Questo è ferito da ogui saetta.
4a MACHIAVEL.
De magnifiques terzine retracent l'ingratitude envers Miltiade, Aristide, Phocion, Scipion. Voici trois vers bien profonds sur César :
« C'est elle qui força César à s'emparer de l'état, et ce que l'ingratitude lui refusa , il le reçut d'une juste colère et d'une juste indignation ^ »
Plus bas, on lit:
« Et tu verras que ceux qui ont changé en bien les institutions, ou qui ont donné à leur patrie des royaumes, ont été récompensés par l'exil ou la mort *. »
Un Capitolo sur X Ambition est dédié à Louis Guicciardini; c'est là qu'on trouve cette énumération effroyable des maux causés par l'ambition et par l'avarice.
« Les eaux et les fossés, souillés de sang, sont remplis de mains, de jambes, de têtes et d'autres membres déchirés et brisés. Des oiseaux rapaces , des bétes sauvages , des chiens , sont leurs sépultures paternelles, tombeaux odieux, cruels et féroces! Les visages sont hideux et horribles comme celui de l'homme qui s'arrête hébété par de nouvelles douleurs
Più crudelmeote; perché sempre avviené
Che do?e men si ra, più si sospetta.
£ le sue genti d* ogni invidia pieue
TengOD desto il sospetto sempre, ed esso
Gli orecchi aile calunnie aperti tiene, Di qui risulta che si vede spesso
Corne UD buon cittadioo , un fnitto miete
Contrario al semé, che nel campo ha messo. > A Cesare oocupar fèquesta il regno;
£ quel ch* iDgratltudo non concesse»
Gli diede la jusf ira , e ^1 giusto sdegoo. 2 £ vedrai corne i mutator di stati,
£ dooator di regoi , sempre mai,
Sou cou esilio o morte ristorati.