‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 214 sur 274 · CHAPITRE XLIX. 4i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIX. 4i

n et semé de ces surprises logiques qiii captivent Vax*vL tention i> , est un bedu morceau où sont groupées toutes les variétés de talents , de connaissances qui dis^ tinguaient Machiavel; dans Voltaire, c'est tout autre chose, c'est un résumé des blessures qu'il croit avoir Caites à son ennemi.

« Tai fait un effort pour arracher au crime le voile de la vertu dont Machiavel l'avait enveloppé, et pour désabuser le monde de Terreur où sont bien des personnes sur la poli**

tique des princes Tai dit aux rois que leur véritable

politique consistait à surpasser leurs sujets en vertu »

U entame ensuite une dissertation sur les négociations et sur les causes pour lesquelles on peut entreprendre les guerres. De loin en loin , on retrouve les leçons remises à Girolami. Du reste , le chapitre ne répond en rien au chapitre XXVI du secrétaire , mais il contient de bonnes pensées. On croirait presque que l'auteur voulait paraître digne de quelque emploi diplomatique. Cela est singulier dans un ouvrage censé écrit par un prince. Le passage concernant les souverains qui donnent à loyer leurs soldats, est plein de feu, de vérité et de sagesse. Mais rappelons-nous ces paroles : Machiavel se retranche dans un terrain , et son altesse royale le combat dans un autre ^. Ici ce n'est pas son altesse royale qui a tort. C'est Voltaire qui disserte sur des questions plutôt énoncées dans les Discorsiy ou dans d'autres auteurs que Machiavel. Je sais que Voltaire dira : « Qu'ai-je besoin de donner des exhorta- <c tions à lltalie? il n'y a plus de barbares. C'est nous a qui étions pour quelque chose dans ces barbares, ce et nous ne le sommes plus. » Ce serait une plaisanterie qu'il ferait là, ce ne serait pas une raison qu'il

> Voyesplot butit» pag. 399.

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nous donnerait. Quoi qu'il en soit, les préceptes accumulés dans ce chapitre de XAnti-Machiavely uniquement sans doute pour la bonne mesure^ et pour fournir un compte égal de chapitres , sont d'une bonne morale, et écrits avec cette force et cette grâce dont l'auteur avait si bien le secret. Il n'en £aut pas moins finir par déclarer que YÂnti-MachiavelAe Voltaire ne répond pas en tout, comme il le croit, au livre du Prince^ et qu'il est encore à venir celui qui aura répondu en forme à Machiavel; et je finirai en répétant ce jugement sage de M. Périès : Le livre de Voltaire « est plutôt une déclamation perpétuelle qu'une ré- « futation en forme '. »

Mais tandis que le monarque prussien reniait , et avec raison, son ouvrage, Jean Jacques Briicker, natif d'Augsbourg, dans X Appendice de son histoire critique de la philosophie y louait en termes très-pompeux YAnti-Machiai^el de Yécriuain royal. Il félicite V auteur couronné d'avoir voulu former non-seulement d'honnêtes citoyens , mais encore des rois qui assureraient le bonheur et la conservation des peuples de l'univers *.

Le moment est venu d'examiner le sentiment de Montesquieu sur Machiavel. Ce haut et admirable génie, qui a imité, dans son style, dans son objet, dans ses hardiesses, dans ses recherches et dans une foule de systèmes de raisonnement, le grand secrétaire Florentin , ne pouvait pas garder le silence sur un publiciste qu'il avait lu avec tant d'attention. Mais après avoir médité Macdiiavel, Montesquieu avait du étudier aussi la doctrine de Hobbes , et c'est à Hobbes

' Tom. in de la Traduction des ouvres de Maehitwel, p. i8o. * Œuvres de Brucker, Leiptîck , m-4% tom. VI, pag. 947*

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