‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 221 sur 274 · CHAPITRE XLIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIX

« Dans les condamnations il faut allier humanité ^ réserve et miséricorde. »

« Les Romains pensaient qu'au lieu de beaucoup de terrain il valait mieux en avoir peu qui ftit bien cultivé '. »

« Les exils privent les villes d*hommes, de richesses et d*iivdustrie. »

« I^s gouvernements bien réglés ont des approvisionnements dans des lieux où le peuple peut manger, boire et se chauffer gratuitement '. »

« Généralement les oisifs sont des instruments tout prêts à servir celui qui veut troubler. »

« Danf des gouvernements corrompus , les jeunes gens sont oisifs , les vieux lascifs , les deux sexes et tous les âges ont des mœurs ignobles. »

« n convient de se bien connaître à fond , et de savoir la mesure des forces de son esprit et de sa condition. »

« Pardonner est d*un cœur généreux. »

« L'homme courageux et qui connaît le monde, se réjouit moins du bien , et s'attriste moins du mal. »

« En toute action la fraude est à détester. >

« Il n'y a jamais eu et il n'y a pas de loi qui défende, blâme ou condamne dans les hommes la piété, la libéralité, l'amour. »

« C'est le devoir d'un homme d'honneur d'enseigner aux autres le bien qu'il n'a pas pu faire lui-même à cause de la malignité des temps, afin que ce bien puisse être fait par un autre plus aimé du ciel. »

I Ce principe d^agricultnre a été , depuis Machiavel y et par tea conaeila , spécialement appliqué â la Toscane^ll en est résulté de Taisance et des vertas pour le peuple. ^

* J*en demande pardon â MachiaTcl» mais je crains qne cette recommandation , si peu exécatable de nos jours â cause de la grande quantité de paresseui qni en abuseraient, ne soit â renvoyer à TUtopie de Thomas Moms. Cette idée n*en est pas moins Texpression d*nn coeur humain, tendre et compatissant: d^ailleurs cet usage était pratiqué en Allemagne du temps de Machiavel , et peut-être y a-t*il encore dans ce bon pays quelque ville heureusement arnirée on cet usage gothique subsiste encore. Ne plaisantons plus : cette idée est le perfectionnement le plus admirable de la doctrine municipale.

43o MACHIAVEL.

K Le prince doit aimer quiconque est excellent dans son art. •*

R Celui qui s'abandonne à ses propres passipns, ne pei^t servir un prince. »

« Un ministre étranger doit être agréable au prince auprès duquel il réside ; il doit aussi être instruit de ses devoirs, prudent, zélé, et doit aimer son souverain et sa patrie. »

f( Un ministre doit savoir parler juste de la condition des «tats , du caractère des princes et des peuples , et dire pré* cisément ce qu il y a à espérer de la pai^, et i craindre de la guerre. »

Nous ne pouvons pas nous arrêter davantage à ces maximes , qui sont toutes d'ailleurs du meilleur grain qu'on ait pu trouver dans le secrétaire. La supercherie ayant été reconnue , on sut que cet ouvrage était le résultat des recherches d'un célèbre jurisconsulte de Pontremoli, en Toscane, qui avait communiqué son travail au conseiller Bianconi ^ Ce dernier l'avait fait imprimer à Rome, comme il a été dit plus haut, après s'être muni des permissions de l'autorité, qui ne lui avaient pas été refusées. Le livre ayant eu un grand succès , le savant compilateur fit faire encore à Borne même une seconde édition qu'on data de Lausanne, et, pour chercher à prouver que l'ouvrage , au lieu d'être un extrait des oeuvres de Machiavel fait par un étranger, était un extrait composé par Machiavel lui-même, il mit en tête de la seconde édition une prétendue lettre du secrétaire à son fils Bernard, et qui était supposée avoir existé, en i5a2, dans les papiers de François Pierre del Nero, ami de la famille de Machiavel.

> Cooime Ict éditiom les plaa récentot ne Dovment pM ce ji^UçoospItc de Pontremoli, on a cru que le conseiller Bianconi, qni est indiqué ici , était Je ▼éritable antenr de la MmU di un uomç di stato. Ceat aux savants de la Toscane à nous éclairer aor ce Ait.

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