CHAPITRE XXVIII
lancoHque et de profonde observation du cœur d'un homme méchai\t.
« J'espère , et Tespoir accroît mon tourment ; je pleure, et les pleurs nourrissent mon cœur accablé; je ris, et mon rire ne pénètre pas en dedans ; je me consume, et ma consomption ne parait pas au dehors; je crains ce que je vois et ce que j*entends ; chaque objet m'apporte une nouvelle douleur: ainsi, en espérant, je pleure, je ris, je me consume, et j'ai peur de ce que je vois et de ce que j'entends '. »
Pour que cette stanza présentât toute l'exactitude de la manière de Pétrarque , qu'elle égale d'ailleurs dans toutes les autres parties , il aurait fallu éviter, vers la fin , d'employer le mot guardo, parce qu'il n'a pas paru àànstontehi stanza y et que son mérite est d'être composée avec les mêmes mots répétés finalement, pour récapituler les mêmes souffrances.
La seconde stanza est d'un autre caractère : elle appartient plus immédiatement à l'infortuné qu'on a insulté par de fausses promesses.
« Chaque bête dissimule l'arme avec laquelle elle fait du mal : le serpent rampe sous l'herbe ; l'abeille porte dans sa bouche le miel et la cire , et cache l'aiguillon sous ses petites antennes; la panthère couvre son horrible face, et montre sa peau tachetée et précieuse; toi, tu fais voir un visage rempli de pitié, et tu caches un cœur cruel dans ton sein *. »
> lo speroy e lo sperar <resce il tormento;
lo piaogo, e '1 pianger ciba il litio core;
lo rido, e 1 rider mîo oon passa drento;
lo ardo e V arsion non par di foore;
lo temo dô ch*io veggo e do di*îo lento;
Ogni cosa mi dà nuoyo dolore.
Coà sperando piango, rido e ardo,
E paura bè di de di* i* odo e guardo. * Nasconde qod con die nuoce, ogoi fera.
On lit ensuite un sonnet où il dit que sa vie ne peut suffire à Texcès de tant de misères. Enfin, toutes les poésies de Machiavel présentent généralement le même caractère de force, de colère, d'esprit satirique, de dispositions amoureuses, et de plaintes sur son sort malheureux.
Ceksi adiuique sotto Terbe il drago; Porta la pecchia io bocca loiele e cera, E dentro al piccol sen nascoude Tago:
Coofre rairido volto la puitera, E 1 dosso moitra dilettoio e vago :
Tu iBûstri il volto tuo di pietà pieno, Poi celi uo cuor crudel deotro al tuo seno.