‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 249 sur 274 · CHAPITRE XLIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIX

orateur. J'avoue que je crois qu'il faut juger autrement le génie qui, à propos des loiSy proclame ces mémorables sentences :

« En général, les lois ne sont pas lois, si elles n*ont quelque chose d^inviolable. Pour marquer leur solidité et leur fermeté. Moïse ordonne « qu elles soient écrites nettement « et visiblement sur des pierres : » Josué accomplit ces commandements. »

« On perd la vénération pour les lois , quand on les voit si souvent changer : c est alors que les nations semblent chanceler, comme troublées et prises de vin, ainsi que parlent les prophètes. L esprit de vertige les possède, et leur chute est inévitable , parce que les peuples ont violé les lois, changé le droit public , et rompu les pactes les plus solennels. C'est Fétat d'un malade qui ne sait quel mouvement se donner '. »

Je remarquerai à cet égard que le livre de la Politique de Bossuet a été composé évidemment et en général avec des citations de la sainte Écriture, mais que l'auteur consultait en même temps Aristote , Botero, réfutateur de Machiavel, et que, pour la distribution de ses chapitres et de ses matières, il avait sous les yeux le livre des Principautés, dont l'ordre méthodique est suivi dans la distribution de cet ouvrage de l'aigle de Meaux ', avec une sorte de similitude pour les expressions.

' Politique tirée des propres paroles de V Écriture sainte j oswr, de Boftatt, 1818, tom. XXXVI, pag. 37 et 38.

a Se trova in lor la perfezion del lame BJcoDoicer ben sa V iqaila i figli.

La prcove de ee que j^avance ici , après m'en être bien asinré, ae trouYe dans plnsienra paaaages. — «La crainte est an frein nécessaire anx hommes à cause de lenr orgoeil et de leur indocilité naturelle, » liv. IV, propos. VI, pag. i3o. — «Mais anUnt il faat être lent k se résoudre, aatant iant-il être ferme quand on s*est déterminé avec connaissance , >• loc, ci/., pag. x4a. — «•Aristote l'a

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M. Lerminier, après avoir rendu justice , comme on Ta vu, à Bossuet, ne pouvait pas ne pas rencontrer Machiavel sur son passage, car c'est un voisin qu'il est bien difficile d'éviter quand on écrit sur le droit; et il parle ainsi de M. Macauley, cet admirateur du secrétaire , et que j'ai cité plus haut :

« Un critique anglais a expliqué dernièrement une des iaces du caractère de Machiavel, il en a fait le représentant du génie italien tel qu*il était sorti des troubles et des factions du XV* siècle : mélange de finesse, de ruse et de persévérance; fourbe avec naïveté, aussi naturellement que le Français était présomptueux et le Germain un peu lourd ; une inépuisable perfidie dans les desseins, du sang-froid dans Fexécution , de la bravoure , de la fidélité dans les haines et les amitiés. Il est évident que le pays qui produisit Machiavel, Alexandre VI, César Borgia , tous les politiques du consistoire romain, forme par excellence le pays et le siècle de la diplomatie. Ainsi, Machiavel, continuellement envoyé où il y avait de sérieuses difficultés à vaincre, se trouvait auprès de César Borgia, au moment où celui-ci était au plus fort de ses entreprises et de ses hypocrisies. Ce fils naturel du pape Alexandre VI

dit , mais le Saint-Esprit Ta prononcé aree plos d« Ibroe, » pag. loo. — « Ache* tes la Térité, » pag. x86. — « Aimez la ' vérité, et déclares qo*on vent la savoir, «pag. 19^. — «(Prendre conseil, et donner tonte liberté à ses conseillers,» pag. aoa. — « Tabez-vons, pensées vnlgaîres, et cédez wnx pensées royales! » pag. 246. — «Éloge des Romains,» pag. 563. — «Avis sur les conseillers, absolument pris dans Machiavel , » loc. cit,j pag. $67. — «Le caractère d*nn homme d*élat, » pag. Sgi. Je communiquais cette observation k une personne un peu vive qui , saisissant sur-le-champ sur ma table le livre de Bossuet, rouvrit avec pétulance, et tombant, par hasard, sur les pages 116, i3o, 160, s*écria, en lisant les notes : Mats voici Taveu de Bossuet, voyez Mach.y Xrv, 46, etc. Je pris le livre à mon tour; mais ma conjecture , an lien d*étre une réalité prouvée , ne doit rester toujours qu'une conjectore , parce que la citation de Bossnet vent dire Machaèees , et non pas Machûipelf et qm est bien di/Térent. Du reste , quoique cette belle preuve, qu'avait si bien trouvée mon ami , itianqne absolument , je n'en crois pas moins qme la aonjectnre est fondée.

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