CHAPITRE XLIX. 5o
pendant publié parmi nous. Pourquoi nous montrer injustes pour un hôte si illustre? Des Italiens réfugiés à Paris ont épargné , dit-on, sur le pain de l'exil, quelques sommes pour subvenir aux dépenses de cette publication , -et elle n'a pas été absolument rédigée dans le sens de toutes leurs opinions, car M. Botta ne se jette dans aucune des récriminations auxquelles se peut livrer quelquefois pour un moment celui qui se croit injustement banni. Ces réfugiés n'entendaient pas sans doute jouir seuls de cet ouvrage : et il n'a passé par la tête d'aucun de nos littérateurs de donner quelque attention à cette œuvre de patience , d'érudition , de recherches pénibles; à cet ouvrage immense, composé dans un esprit de suite, de franchise et de sincère patriotisme, et en même temps d'amour du vrai ', où souvent la religion reçoit les hommages qui lui sont dus, et qui nous offre enfin un style pur, une marche libre , une méthode exacte , qu'on n'avait pas observés à ce point de perfection dans les autres livres de M. Botta; un ouvrage qui respire la noble indépendance de l'historien , je veux dire celle qui ne fait acception ni de la force des puissants, ni des préjugés de mode; celle qui voit, de haut, ce qui est mal dans tous les rangs, ce qui est mal dans les idées qu'on veut abattre , et dans celles qui s'élèvent à travers ces flots de paroles et de publications dont nous nous voyons inondés.
Je manifesterai ici un vœu que je crois dans l'intérêt de la saine étude de l'histoire, et des progrès de la littérature. Quelque homme habile, comme M. Roger,
> Le récit da massacre de la Saint- Barthélemi , la description dn tremblement de terre de Calabre , sont des morceaux d'histoire dn plus hant intérêt. J*ai remarqué aussi un éloge donné en passant i Radicati , ce malheureux Piéniontais compromis par le roi Victor.
$o6 MACHIAVEL.
membre de l'Académie française > qui possède à un égal degré de talent les deux langues^ devrait tradmre l'histoire de M. Botta. Si M. Roger entreprenait cette tache glorieuse ; il nous ferait un noble présent Le style correct , facile et franc de M. Botta , doit être reproduit par une plume élégante et chaste^ pour que les deux nations profitent à la fois des leçons sages et des méditations profondes du continuateur de Guicciardini^ et des notes judicieuses que l'illustre académicien pourrait ajouter à la Storia d^Itcdia,