CHAPITRE L
des réflexions neuves et piquantes, comme celles-ci ;
« Le Français est gai , vif et étourdi. Une impulsion soudaine, une saillie du moment le gouvernent mieux que des prindpes de raisonnement et de conviction. Le climat lui donne une délicatesse d organes qui fait que tous les objets lui causent une impression vive, mais momentanée, et bien» tôt effacée par une nouvelle impression. Il arrive de là, que la première attaque des Français (voici Machiavel) a quelque chose de fougueux et d*irrésistible; tous leurs esprits animaux sont en mouvement : vous diriez qu'ils ont une fureur convulsive. Ils font alors pour un instant des efforts audessus de la nature; mais , bientôt épuisés , ils tombent dans la langueur et rabattement: on ne croirait pas que ce soient les mêmes hommes ^ »
Uoyd ajoute en note :
« Lart d'un chef, qui lui-même a de Fenthousiasme, est de ranimer cette défaillance de la nature, et de ressusciter Tenthousiasme. »
Lloyd trace aussi son portrait de général, à Fimitation de du Bellay, et naturellement il se retrouve en présence de Machiavel, surtout pour les citations des grands effets de l'éloquence militaire. L'ouvrage a encore son chapitre de la religion , son chapitre de la liberté; il y en a un particulier sur les femmes, où
•ept ans. Le roanascrit de ce second Tolame était resté à Paris chez M. de Mes^ mon ; il a été perda. Le Tolame iroprîmé fat envoyé par le département, avec les enivres, an dépàt de la guerre, et les a, 000 exemplaires forent distribués dans les armées par ordre dn gouvernement Cet ouvrage était devenu si rare et si célèbre, que le général Moreau , ayant voulu se le procurer en 1800, paya un exemplaire de hasard 80 francs. Le gouvernement enfin fit faire une seconde édition, qui a été imprimée chez Bf agîmel y un vol. in-8^ On y a joint les gravures des planches saisies à Mesmon. On attribue au même auteur un ouvrage sur la liberté de la presse , et un éloge de Suger. Je dois ces informations à mon aonfrère, M. de Monmerqué, qui les a extraites lui-même des papiers de M. de Mesmon.
' Préface , pag. 1.Z111.
l'on trouve quelque chose de la portion honnête et morale de la doctrine de Saint-Simon sur cette aimable moitié du genre humain ; enfin , la planche première avec ses compagnies en colonne , et son infanterie légère jetée sur les flancs , et qui protège une compagnie contre la cavalerie, rappelle la bataille de Molwitz, gagnée par le secrétaire en personne, comme dit si spirituellement Algarotti.
Plusieurs écrivains ont aussi remarqué que le secrétaire, dans son Arte délia guerruy conseille de charger l'artillerie, si cela est possible '. C'est cette manœuvre qui a procuré des canons aux Vendéens. Mais ce genre d'attaque est devenu bien difficile , parce qu'on ne hasarde pas des batteries sans les avoir mises à l'abri de tout coup de main.
Enfin nous trouvons ce passage dans les œuvres choisies de Napoléon :
« Il ne pouvait pas y avoir ce que dans sa pensée il concevait être une véritable armée , sans une révolution dans les mœurs et 1 éducation du soldat, peut-être même de rofBcier. Il ne .pouvait pas y en avoir avec nos fours, nos magasins, nos administrations , nos voitures. Il n'y aurait d*armée que quand , à Timitation des Romains , le soldat recevrait son blé , aurait des moulins à bras , cuirait son pain sur sa petite platine , etc. Il n y aurait d'armée que quand on aurait mis en fuite toute notre effroyable administration paperassière '. »
Tout ceci n'a été inspiré à Napoléon que par la lecture de YArte délia guerra. Il n'a pas été chercher cette doctrine dans tous les auteurs romains où elle est souvent éparse; c'est Machiavel seul qui a pris cet
I ArU délia guerra y lîv. IH, Passigli, pag. Z^^. A volere che VardgÛma nemica sia inutile, non è altro rimedio che assaltarla, > Èdit, de 1827, tom. IV, pag. i55.