‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 267 sur 274 · CHAPITRE L. 5a I · texte numérisé non relu

CHAPITRE L. 5a I

embarras 9 c'est lui seul, cette abeille infatigable, qui a extrait le suc de toutes ces fleurs diverses ; c'est lui qui , déjà même de son temps , a déclaré que les armées avaient trop de chars, trop de sacs, même trop de papiers. Depuis, ces immenses bagages se sont multipliés à un tel point, qu'il y a deux armées au lieu d'une seule , et que V armée qui a peur y et qui fuit toujours quand elle est trop près de l'ennemi, peut effrayer en même temps l'autre armée qui sait et doit se battre. Celle-ci, à son tour, quand elle est séparée de sa boulangerie, ne sait plus où prendre de la nourriture. La description d'une armée romaine, telle que la présente Fabrice, est celle que veut Napoléon : et qu'on vienne dire que ce galant de Ma^chiaifelvi^ rien entendu à écrire sur la guerre! Nous nous serions contentés de l'offrir à l'admiration comme stratège consultant, mais le voilà qui est devenu l'administrateur militaire le plus consommé , le plus habile. Qu'on lise son ouvrage, chaque réflexion y a sa connexion particulière, les déductions sont exactement appliquées. Il raconte, il raisonne en même temps; les conclusions naissent, atout instant, des faits, comme un rameau du tronc. Son style n'est que précision, logique, assurance, calme, dignité. Il ne va jamais en arrière; il ne reprend pas les arguments dont il a le moins exprimé la substance, il les laisse aux pauvres qui passeront après lui; il invente des arguments tout neufs : il n'a pas étudié seulement les circonstances antiques, il a étudié les circonstances modernes. Il a vu le Peltaste, YOplite; il a appelé ensuite le Triaire^ il a connu le Centurion : il lui a ordonné de porter rapidement l'aigle sur une éminence. Il parle du ton de l'autorité au Connestabile, au Balestriere , à Yhomme d'armes y à la lance fournie y à la lance brisée. Tout

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cela est à lui. Il ébranle leurs rangs à sa volonté, et sur un signe , il fait manœuvrer successivement la pha^ lange ^ la légion ^ la càterue et la battaille. Qu'on l'appelle encore après cela le secrétaire! qu'on rie de cette qualité civile! Voilà de bien illustres suffrages , et jusqu'à Frédéric adouci, qui vient nous commander un profond respect pour l'auteur de V^rt de la guerre '.

Mais ne perdons pas plus long-temps de vue la politique. Essayons de juger quelle influence un homme, dont on voit qu'on s'est tant occupé, qui a excité à un si haut point des admirations et des malédictions, essayons de deviner quelle influence cet homme a exercée sur le caractère de ceux qui, placés dans la situation où il leur était facile de commander , ont pu , ou plus ou moins , lui demander des conseils.

II écriyait positivement, comme dit M. Botta, il écrivait pour le poui^oir; il ne disait pas toujours précisément ce qu'il fallait faire, il disait ce qu'on faisait; il expliquait ce qui arrivait dans des circonstances données. On ne lui reprochera pas d'avoir excité le cardinal de Richelieu à tenir en permanence l'instrument du supplice, et à demander ou à laisser courir le bruit qu'il fallait demander à Rome la permission de faire mourir, sans autre forme de procès, ceux qu'il jugerait dignes de mort ^. Machiavel n'a jamais

' n n*y a pas long«tempa , je parlait de MaclûaTel et de Fabrice areo H. le comte de CesMc, Ton de nos génëraDz et de nos administratenre militairca les plus distingués , et membre de l'Académie française ; il me dit qu^ faisait nn grand cas dn livre de Vj4rt de ta guerre , et qae Machiavel entendait le métier. Fant-il donc encore méconnaître le mérite d*nn écrivain k qni les ministres de Napoléon, qui était si habile à choisir les talents parmi les talents, s'empressent de rendre nne si éclatante justice ? Ponr ce qui concerne le Pel" taste et YOpUte , voyez la Retraite des dix mille de Xénophon.

s Dans le Catalogne de la correspondance Bonilhnd, loi. 4f »' 99' » V^ eat à la Bibliothèque dn Roi, j'ai In les mota aaivanta :

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