‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 27 sur 274 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Des occupations frivoles, qui n'étaient que des 1519. complaisances pour quelques amis intimes, et où d'ailleurs Machiavel poursuivait avec obstination ses plaintes plus ou moins vives de la continuité de son mauvais sort, ne pouvaient pas attacher constamment Fesprit observateur de l'ancien secrétaire de la république. U n'y avait plus, depuis long-temps, d'espérance à fonder sur Laurent II, duc d'Urbin. Jamais il ne s'était montré disposé à servir Machiavel. Parti pour Paris, il y avait été reçu très - honorablement par François f . Son mariage avec Madeleine de Latourd'Auvergne avait été accompagné de magnifiques fêtes. Mais, à peine un an après le mariage, de retour en Italie, elle était morte en mettant une fille au monde, et le duc d'Urbin n'avait survécu à la duchesse que cinq jours.

Cette fille, qui naquit sous de si tristes auspices, fut Catherine de Médicis.

Machiavel, averti qu'il ne devait plus compter que sur le cardinal Jules, pensa à s'appliquer encore davantage à des études sérieuses , sans cesser de cultiver l'amitié des généreux Florentins qui ne l'avaient pas abandonné dans sa misère.

Zanobi Buondelmonti devait avoir été trop honoré detga part dans l'hommage des Discorsi^ pour ne pas

ambitionner un autre présent de cette nature : alors Machiavel composa la f^ie de Castruccio Castracani de Lacques f qu'il dédia au même Buondelmonti et à Louis Alamanni, avec qui nous avons vu qu'il entretenait une correspondance. Cette histoire de Castruccio est, sans contredit, une sorte de roman. Le fond des événements est vrai ; mais dans leur marche, dans leur développement, Machiavel a introduit des incidents qui sont de son invention. Ce n'est pas que Castruccio, qui était contemporain du Dante, et qui mourut sept ans après le chantre de la Diuine Comédie (en i3a8), fut un héros trop éloigné de l'époque où vivait Machiavel} mais l'auteur a voulu réunir dans ce cadre quelques-unes de ses idées militaires, beaucoup de ses préceptes politiques, et ses réflexions ordinaires sur la fortune. On estime, comme un beau morceau de sagesse, de franchise et d'éloquence, le discours que Castruccio tient, avant de mourir, à Paul Guinigi, son successeur, suivant Machiavel, mais qui, suivant l'histoire, ne vécut que presqu'un siècle après.

L'auteur a aussi attribué à son héros une foule de mots presque tous heureux, parmi lesquels on en retrouve que Ton a cités souvent comme appartenant à des personnages plus modernes, et qui évidemment leur sont faussement attribués, puisque, dans de pareils débats, c'est le plus ancien écrivain qui a raison. L'auteur dit, en terminant, que son Castruccio ne fut inférieur ni à Philippe de Macédoine, père d'Alexandre, ni à Scipion de Rome, et qu'il mourut au même âge que ces deux guerriers. 11 déclare encore que, sans doute, il les eût surpassés, si au lieu d'être chef à Lucques, il eût eu pour patrie la Macédoine où Rome. X

Ce sont là de ces prédilections assez communes dkez

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