‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 271 sur 274 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Fi'escobaldi ' qui seule faisait un commerce immense, surtout ay/ec rAngleterre. Probablement elle avait hérité dequelques'uaes des correspondances des Médicis, devenus iropprinces^ pour n'avoir pas négligé ce genre d'occupations des pruniers membres de la ÊimiUe.

Au moment de la chute de Soderini, j'ai accompa- ^é dans sa prison Machiavel malheureux, et j'ai admiré sa résignation et sa noble patience.

Je n'ai rien dissimulé d'une correspondance familière qui explique tant de faits douteux, et dont quelques-uns ne sont pas absolument honorables pour le secrétaire.

Duclos m'avait enseigné que la principale erreur où l'on tombe en voulant peindre les hommes, est de supposer qu'ils ont eu un caractère fixe , au lieu de se souvenir que leur vie est quelquefois un tissu de contradictions : plus on les approfondit, moins on

* Cette £iiDine était conoae principalement pour ayoir en dépât des fonda •6oat poMYak diaposer le cardinal Volsey. Les archives da royaanie possèdent ploaiev^ ^h^^iUnm de œa htmqtàeta : ce aemt des pièces oà Ton toit dans quelle forme éuient alors conçus les récépissés des maisons de commerce. J'ai examiné trèa-attentivement une de ces obligations; elle est datée de z5z6, païass devant on notaire, nommé Cressy ( voyes archives dit royaume, J. 860), fet flédigée lemU^B» Jérôme. Pkreaoobaldi , marchand de Plorenoe, et tons ses associés , portant pour b plupart le méyne nom, promettent de puyer aadit cardinal deux mille livres sterling. Le parchemin sur lequel est écrite Tobligation est découpé , vers la moitié , en douze petites lanières , le long desquelles on lit la signature de Tassocié, qui a apposé son cachet k la suite de la sfgnatve. JU».ç»Abe^ d» ces d^aze aasodés so«t pao^ la plvpflrt 4m picmaa antiques gravées eq creux. Tai distingué : x*^ une tète couronnée de Titus, d*un bon •tyle ;a® un pater Tîberis, la même tète que M. Ennius Visconti, dans Tlconograplie gPBoqtte, • prfte pour la tète de Romulus (Alexandre Visconti ro*a dit AQ«v^|gn^ a j}r^90.soii.£rè9e de celle eneur, mais elle nCa pas été corrigée ) j 3® un Hercule coi0é de la peaa du lion; 4*" une Bx^me gaUaia; 5* «n coribean perché. Les antres incises sont d*nn travail moderne. Je crois que juaqu^ici lea archéologues ont ignoré quil y avait des empreintes de pierres antiques k aller chercher k la suite dei signatures des effets de commerce du XVI* siècle.

53o MACHIAVEL.

ose les définir'. Je n'ai donc pas prétendu donner la clef de plusieurs inconséquences de Machiavel , et le montrer ce qu'il n'était pas : je l'ai laissé avouer ses amours, entreprendre ses Principautés^ où j'ai su, je l'espère au moins, bien discerner le poison; je l'ai laissé se perdre dans des préceptes inopportuns, se montrer trop avare des restrictions qui pouvaient permettre d'admettre ses maximes ; je l'ai suivi proclamant d'admirables leçons , commentant Tite-Live sur un ton sublime, redevenant poète, chantant les charmes d'une femme enivrante, et sollicitant avec peu de dignité un emploi dans les affaires.

Il a cherché à résoudre des problèmes grammaticaux sur l'origine et les progrès de la langue italienne; il a repris le fouet de la satire ; il a lutté avec les anciens sur des questions morales , discutées en vers élégants ; il a réjoui , presqu'en bouffon , les loisirs d'une société, dans une partie de campagne; il a égalé Plante, l'a surpassé quelquefois; il a conté, avant La Fontaine, de la manière la plus piquante et la plus joyeuse.

Nous l'avons vu instruire un ambassadeur des secrets les plus délicats de la diplomai les meilleurs préceptes que puissent i les hommes de tous les pays, qui c occupation, souvent sans récomp leur fortune et leur bonheur.

Animé par les suffrages et les encouragements de M. de Chateaubriand, que j'ai déjà appelé le chef, mais qu'il serait mieux d'appeler le prince de la littérature de l'Europe, de M. de Chateaubriand, qui me disait que Machiavel n'était pas assez connu, je me

^ OEuTret complètei de Daclos. Histoire de T.ooîs XI, t8i6, toiii. IIT, p:ig. H 56.

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