‹ Machiavel, son génie et ses erreursChapitre 272 sur 274 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

suis iMjen gardé d'interrompre l'écrivain des Istorie, marchant le premier , d'un pas sûr, dans une carrière où devaient le suivre Bossuet et Montesquieu ; louant, en termes si touchants , ce grand Cosme, ce citoyen généreux , cet homme si extraordinaire , ce fondateur de la gloire des pcUle % qui, par ses vertus , sa libéralité y le partage de ses trésors , imposais silence à tous les partis y et frayait un chemin , le chemin le plus noble, qui devait conduire sa famille à la souveraineté. Je crois que les droits fondés sur les succès à la

■ Les amies des Médicis étaient d*or k cinq boules (polie) de goenles (ronge) en otie (l*orle est nn fil on oeintnre d*nne largeur proportionnée i la grandeur de récn qui en £iit à peu près le tour , mais qui n*en tonche pas les bords). Louis XI ayant ensuite, par des lettres-patentes du mois de mai x465 , permis i son amé et féal conseiller, Pierre de Blédicîs, fils du grand Cosme, /nujts délia patriOf de porter dans ses armes trois fleurs de lys d*or (Comines, 1747» tom. II, pag. 565), Pierre ajouta en cbef un tourteau on autre palla , de manière que les poUe étaient posées en orle, une deux, deux Mme. A. proprement parler, les écriTains héraldiques français appelaient tourteaux ou hesams œ que les Italiens nommaient polies mais le Père C. F. Ménestrier (Lyon, 1754» in*ia, pag. x36) dit : « Je nomme boules les pièces de gueules des armoiries « des Médicis, parce que, dans tous les anciens monuments de Florence et de m Eome, on les yoit arrondies en boules. Tons les Italiens les blasonnent ainsi. »

On remarque encore aiqonrd*hui sur la iaçade intérieure de la Tilla Médicis, qui est habitée par notre Académie des beaux-arts à Eome , que ces armoiries sont blasonnées telles que je les ai décrites ci-dessus.

On a pensé que ces boules sont des pilules , paroe que les Médicis s*appelaieot Media ^ et qu'ils appartenaient, disait-on , è la classe des médecins, la siiième classe des sept grands arts ; on s*est trompé. Des Florentins fort instruits prétendent que les Médicis appartenaient à la troisième classe, les banquiers, ou à la quatrième, les fabricanU de laine, ou è la cinquième, les &bricants de soie. L*abbé Fontani, bibliothécaire de la Riccardiana, croyait qu'ils étaient inscrits sur les matricules de Vort de la laine.

Il y a une antre preuve que ces poUe étaient des boules. Dans la Salle des Éléments , au second étage du Polozzo-Feeekio de Florence, on Toit une peinture représentant l'Envie qui mange une ripère, et qui, dans un mourement de nge, jette par terre les polie des Médicis. Ces polie rebondissent, et on lit k o&té ces deux mots latins , pereussa resiliumt. On assure que c'est Léon X loimême qui a eu Tidée de cette peinture : il faisait allnaion k Fexil et au rappel de sa Amille,

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guerre, ne pemrent jamais élever une fennlle autant que ces qualités vraiment divines de bonté, de bienveillance universelle , qui font qu'un honime n'est plus un autre homme pour des infortunés qui souffrent, ces vertus qui font que toutes les injures qu'on accumule contre notre faible humanité, tombent devant de tds caractères de grandeur et de magnificence qu'il faut honorer dans tous les pays, et à toutes les époques qui les produisent.

Tai modéré, autant qu'il a été en moi, quand j'ai du examiner le grand ouvrage de Yu4rt de la guerre ^ cette admiration que je n'ai pas retenue plus tard, lorsque mes paroles ont pu s'élancer avec l'autorité de celles de Frédéric et de Napoléon '.

J'ai eu le bonheur de montrer Machiavel aimant la bonne foi, conseillant la fidélité à sa parole, adjurant sa patrie de recourir aux armes, et de manifester une énergie salutaire.

Je l'ai remercié de m'avoir fourni l'occasion d'adresser de justes éloges à de célèbres noms de notre histoire, que la légèreté de Voltaire a jugés avec partialité, et que plus de vingt éditions nouvelles des ouvrages de cet homme séduisant et dangereux ont livrés, presque sans défense, à la société nouvelle, qui ne lit pas tout ce qu'il faut lire pour bien apprécier les personnages du moyen âge,

X Pour fiiillir le moint possible, sons ce rapport, dÀos méa tnrail, j'ai consulté de judîcieox critiques. Lorsque j*écris , je procède luitardkBciit de la pensée aux paroles : celui qne.je consulte procède des paroles à la pensée. Qoelqnefois on pent croire avoir toot fidt en soignant sa pensée , maia ai ron D*a pas réussi dans Texpression, G*est alors que le juge de sang«iroid est otîle» et taons avertit qa*il n*y a qti*ane partie de la tâche qui ait été rontpKe. Je ne reconnais d*aiUeors rien de sage cooMne de coltiTer Vmrt tTéJJmcmr qoe itcona mande Pope. Un maonscrit, quelque correct qa*il soit, n*est to^jonrs qa*no traître qui ne dit jamais bien la vérité.

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