CHAPITRE XXXIII
Machiavel ) par ses confidences à Vettori, nous a appris quelle était sa vie dans la villa ^ au moment de son exil. On se souvient encore de ces vêtements négligés sous lesquels il allait ordonner la coupe de ses bois, et de ces habillements nobles et cmiali àont il s*ornait pour entrer, comme il le dit lui-même, dans les antiques cours des hommes antiques. Machiavel va quitter l'asile modeste où il vivait dans un tendre commerce d'amitié avec ses consolateurs ; il va quitter aussi la société des anciens sages. Les premières années de sa vie politique reviennent pour lui. Léon X a pu ne pas apprécier ses avis, mais il n'en a pas moins résolu d'employer les talents d'un maître si har bile dans l'art de traiter les questions de gouvernement. Machiavel reçoit une dépêche des autorités de la république.
«Nicolas, tu t'en iras à Carpi. » (Moi-même, je ne 1521. puis retenir un sentiment d'émotion en revoyant une de ces instructions qu'on adressait au secrétaire Florentin dans des moments plus heureux pour sa fortune et pour celle de la république '. )
« Nicolas , tu t'en iras à Carpi et tu feras en sorte de t y
' Dint oe temps - li , il fallait qoMl fi&t toajoon prêt. Une , deux ou trois fois par an , il recevait des dépêches oà on loi disait : Niccoib , tn cavûicherai, . .
trouver jeudi prochain. PTy manque pas ; après ton arrivée, tu te présenteras devant la révérence du père général , et les définiteurs de Tordre des frères mineurs qui y tiennent leur chapitre , et tu leur remettras cette lettre de créance. »
« Tu feras entendre de notre part à IL. RR. qui le savent déjà) combien notre ville a été, est y et sera favorable aux établissements des lieux pieux et ecclésiastiques , comme en font foi tant d^hôpitaux, de monastères et de couvents en clôture , élevés par nos ancêtres ; tu diras que rien ne les a plus animés à de telles œuvres, que les bons exemples qu'ont donnés les religieux dans leur conduite et dans leur doctrine; que ces exemples ont enflammé les esprits du désir de les protéger et de les secourir. Tu ajouteras que parmi les religieux que cette république a le plus chéris , et qu elle a le plus couverts de bienfaits, se trouvent les frères de leur ordre, parce que leur honnêteté et leur vie exemplaire le méritaient ainsi : il est bien vrai, en même temps, que de* puis quelques années , il a paru aux meilleurs et aux plus sages , que dans les religieux a manqué cet esprit qui les faisait adorer, et dans les laïcs, ce zèle de charité qui les portait à accorder des bienfaits aux religieux. Alors nous en avons recherché la raison , et nous avons découvert que cela provenait de ce que ceux-ci n'avaient pas eu de bonnes administrations dans leurs couvents. Aujourd'hui voulant trouver le remède, nous croyons qu'il n'est pas possible que les religieux recouvrent leur ancienne réputation, si pour le domaine Florentin on ne constitue pas une province à part : faisant ainsi, on reconnaîtrait plus facilement les religieux; ils se corrigeraient mieux ^ ou craindraient de retomber dans des fautes. »
« Étant bien assurés que pour arriver à ce but, il n'y a pas d'autre moyen , nous voulons que de notre part tu conjures et tu pries ces révérends pères , de faire à notre ré-
Niccolb, ne andmi in poste. . . . Noi mandiamo Niccolb. . . . Niccoib, noi vogliamo che atla ricevuta délia présente, tu ti Uevi di costï. . . . Niccolb, tu te
n'anderai, . . . Niccolb^ tu dirai alla maestà del rè; et aatrot ordres
iemblablet.